Chapter Text
Une jeune femme, visiblement en début de vingtaine, était assise sur un rocher surplombant le désert du Mojave. Elle était aisément reconnaissable à ses cheveux blanc immaculé et à sa peau pâle. Elle profitait de la nuit fraiche qui approchait, sans le soleil de plomb du désert qui lui agressait la peau. Elle avait pris la liberté de déboutonner sa chemise bleue et avait retiré ses gants, ainsi que son gilet pare-balles, qui étaient posés à côté d’elle avec son long manteau de cuir et son large chapeau. Un mince sourire apparut sur son visage peu marqué par les épreuves malgré un regard de vétéran des Terres Dévastées, elle aimait plus que tout la fraicheur de la nuit. Elle se laissa aller à une lampée de Whisky et à une cigarette, les Tox ne venaient jamais dans cette région du Mojave.
Venue du sud et de la Banque Shi du Hub, elle transportait un paquet de la plus haute importance pour un grand compte de New Vegas : la ville qui éclairait de mille feux les Terres Dévastées du Mojave. Elle vérifia une nouvelle fois sa carte, elle comptait faire une halte à Goodsprings pour saluer une de ses vieilles amies qui y vivait depuis quelques temps. Puis elle reprendrait son chemin vers New Vegas, en passant sur le territoire des Poudriers et Sloan malgré les rumeurs de Griffemorts ayant envahi la mine de Quarry Junction. Elle eut un petit sourire en lisant sa carte.
- Des révolutionnaires amateurs et des Griffemorts… Rien de bien inquiétant, railla-t-elle.
Malgré tout, elle prit soin de vérifier ses armes : un vieux Colt 1911 qui lui avait été offert par un missionnaire Cananéen lors d’une course dans l’Utah et son fusil laser. Celui-ci était repeint en noir et arborait un dragon doré japonais sur son métal. Elle porta sa main gauche à sa hanche droite qui était dépourvue d’arme, elle grogna en vérifiant ensuite son cran d’arrêt qui était dans sa veste.
- Quatre ans que je traine ce cure dents… Il est temps que je récupère une vraie arme.
Elle plongea sa main dans sa veste pour en sortir une lettre, qu’elle avait reçu avant d’arriver dans la région. De ses yeux rouges, légèrement bridés, elle commença à la lire. C’était la troisième fois qu’elle la lisait depuis qu’elle l’avait récupérée.
« Laura,
Vous savez combien il me coute d’écrire ce nom barbare, nous connaissons touts deux la peine d’être déchus de notre véritable identité.
Néanmoins vous n’imaginez pas la joie qu’est la mienne, depuis que j’ai appris votre visite afin de reprendre vos effets. Qu’une femme de votre stature fût contrainte de cacher sa véritable nature quatre années durant est un sacrilège sans nom.
J’ose espérer, lors de votre passage sur nos terres, que mon fils vous a présenté les respects qui vous sont dus. Tout comme j’espère que cette course pour Mr House est votre dernière et que vous pourrez redevenir la femme d’honneur que vous étiez jadis.
Votre pénitence, en tant que Courrier, a suffisamment durée.
Votre dévoué,
Homura Taisuke. »
Un nouveau sourire naquit sur ses lèvres tandis qu’elle rangeait soigneusement la lettre dans sa veste. Puis celui-ci se mua en quelque chose de plus triste, elle se massa le poignet droit et poussa un long soupir.
- Je ne suis plus que l’ombre de moi-même… Mon vieil ami…
Elle reprit une lampée de Whisky, faute de mieux, avant de s’allumer une seconde cigarette. Gardant celle-ci pincée entre ses lèvres, elle commença à ranger ses affaires. Elle repassa son gilet et son manteau, après avoir fermé sa chemise. Avant qu’elle ne puisse coiffer son chapeau, elle entendit un léger bruit dans le sable derrière elle. D’instinct, elle dégaina le Colt à cuisse gauche.
- Qui que tu sois, tu as commis ta dernière erreur, menaça-t-elle d’une voix trop douce pour être prise au sérieux dans ces circonstances.
Elle n’eut pas de réponse et vit seulement un homme dans la pénombre, avant de recevoir un violent coup sur la tête. Elle tomba en contrebas et lâcha son arme dans sa chute. Toujours consciente, elle rampa vers son précieux Colt mais se retrouva avec son propre fusil laser pointé sur son visage. Avant d’avoir le temps de dire quoi que ce soit, elle fut plongée dans l’inconscience par un second coup.
Elle reprit conscience, ligotée et à genoux devant un homme en costume à carreaux tandis qu’un de ses assaillants creusait une tombe. Elle leva les yeux vers le vieux château d’eau à proximité, elle était dans le cimetière de Goodsprings. Elle tourna rapidement le regard pour détailler ses assaillants, ils étaient cinq et portaient l’uniforme des Grands Khans. Elle pesta intérieurement, les râclées successives par la RNC ne leur avait pas suffi. Ils s’en prenaient maintenant à des Courriers en sachant pertinemment que le Code des Caravanes était clair : dès que ça se saurait, toutes les sociétés honnêtes de Caravanes allaient leur tourner le dos.
- Tu as eu ce que tu voulais, alors paie ! invectiva un des Khans vers l’homme en costume.
- Quand il pleuvra sur Vegas, mon pauvre ami, se moqua-t-il.
- Regarde qui vient de se réveiller, ricana un autre en pointant Laura.
- On encaisse nos gains, reprit-il en écrasant une cigarette.
Elle leva le regard vers l’homme en costume, pas intimidée par celui-ci malgré sa situation.
- Aller, qu’on en finisse ! reprit le premier Khan.
- Vous autres Khans abattez peut-être les gens dans le dos, l’interrompit-il. Mais moi, je ne suis pas un faux jeton, compris ?
Laura ne le lâcha pas du regard, c’était ici qu’elle allait mourir. C’était presque ironique, elle qui avait un nombre incalculable de victimes au compteur. Elle allait être abattue comme un animal. Mais elle ne leur donnerait pas le plaisir de supplier, elle mourrait la tête haute.
- On dirait que tu as fait ta dernière course, dit-il en montrant un jeton de Platine. Désolé de te trainer dans une sale histoire comme ça, ajouta-il en le rangeant.
Il dégaina un pistolet 9mm orné d’une vierge Marie.
- Regarde-toi, ce n’est même plus de la poisse, c’est le destin qui s’acharne, ajouta-t-il en pointant son arme sur sa tête. En vérité… Les dés étaient pipés depuis le début.
Puis le coup de feu partit et tout devint blanc. Laura senti son corps tomber sur le dos, aveuglée par le tir elle entendit le second mais ne bougeait déjà plus. La douleur était vive et elle sombra vers une libération qu’elle n’espérait même plus. Ses dernières pensées allant à une mutante de son passé.
