Work Text:
- Ochaco ! Iida ! Katchan ! P- Pitié... quelqu'un...
Seul le silence lui répondit. Izuku était seul.
- A- Aizawa Sensei ? A- All-might ? Est-ce que... Vous êtes là ?
Silence. Lourd. Insoutenable. Pas un seul bruit. Seuls les battements erratiques de son coeur et son souffle, court, paniqué.
- Todoroki ? Tsuyu ? Mina ? Quelqu'un... Répondez !
Un écho. Sa propre voix, moqueuse, ironique.
- M- Maman ? Mamaaan ! Maman ! Tu- Tu es là ? Maman...
Le noir, le vide, il ne voyait rien autour de lui, il n'entendait que sa propre voix, son propre coeur, son propre souffle.
- Katchan... Ochaco... Iida...
...
- Sensei... All-might... Maman...
Et puis, la lumière. Éblouissante, qui lui fit fermer les yeux.
- Izuku... Qu'est-ce que tu as fait ? Tous ces gens sont morts... Par ta faute ! Comment ai-je pu mettre au monde un monstre pareil...
- Non... Maman... Je- J'ai fait de mon mieux ! Je le promets !
- Regarde toi... Un sale Deku, inutile, sans valeur, tu as de la chance qu'All-might ait eu pitié de toi !
- K- Katchan... Pa- Pardon... Je- voulais juste être ton- ton ami...
- J'aurais certainement mieux fait de choisir un autre successeur. Mirio aurait été tellement meilleur.
- All- All-might... Je suis tellement désolé ! J'essaie vraiment d'être à la hauteur ! Je vous le promet...
- Eh bien, essayer n'est pas suffisant, Midoriya. Tu ne seras jamais un héro si tu ne mets pas un peu plus de bonne volonté !
- Aizawa Sensei... Je- Je suis vrai- vraiment désolé...
Izuku ne parvint plus à parler, trop pris dans ses sanglots, tandis que tout ceux à qui il tenait se rapprochaient, se rapprochaient, jusqu'à le pousser au sol et l'étouffer, répétant les mêmes paroles inlassablement.
- Ta faute ! Monstre !
- Deku inutile !
- J'ai eu tord de te choisir.
- Tu ne seras pas un héro.
- Tu es le pire des amis !
- STOP !
Et d'un coup, Izuku se réveilla. Il se retrouva assis dans son lit dans les dortoirs, il était trempé de sueur et se rendit compte que, oh, il pleurait. Son cauchemar avait été terrible.
Izuku resta un moment là, assis, immobile, fixant le vide et essayant de reprendre son souffle. Ça ne marcha pas très bien. Mais il essaya. Mais, plus les minutes passaient, plus son souffle se faisait pressant, court, essoufflé, et plus il sentait l'anxiété gonfler en lui, prête à le dévorer entièrement. Les larmes coulaient à flots sur ses joues teintées de tâches de rousseurs, et ses cheveux verts collaient désagréablement à son front. Son coeur battait fort, et il eut la sensation que s'il continuait, il allait sortir de sa poitrine.
Aggripant son t-shirt, Izuku essaya de se donner de l'air, de l'espace, n'importe quoi qui l'aiderait à mieux respirer, en vain.
Le vert se leva précipitament, fit tomber plusieurs objets de sa table de chevet et de son bureau sur son passage puis réussit à atteindre sa porte.
Il l'ouvrit tout en tremblements et en sanglots - il n'avait pas fermé à clefs exactement pour cette raison - et il s'aida du mur d'une main, l'autre plaquée contre sa bouche pour étouffer ses bruits.
Quand Izuku réussit, non sans mal, à atteindre la cuisine, il fit de son mieux pour se servir un verre d'eau, qu'il ne réussit néanmoins pas à ingurgiter. Le contenu de son verre finit sur son t-shirt. Encore. Cela devenait récurrent, à cause de ses cauchemars.
Grâce à l'eau fraîche, Midoriya put reprendre ses esprits quelques secondes, suffisamment pour qu'il se souvienne que, dans cette situation, il devait trouver un professeur. Or, le seul enseignant qui avait l'habitude de ses cauchemars était All-might. Et le numéro 1 était actuellement en déplacement pour une formation obligatoire dans le sud du Japon. Ce fait fit paniquer Izuku de plus belle, qui ne se voyait définitivement pas expliquer son cauchemar ou n'importe lequel de ses traumatismes à n'importe qui. Mais, avait-il seulement le choix ? Partie comme elle l'était, il savait qu'il serait incapable de calmer seul sa crise de panique. Pas le choix, il fallait demander de l'aide.
Passant rapidement en revue ses possibilités, il finit par jeter son dévolu sur Aizawa Sensei. L'homme était gentil, il lui avait déjà apporté son aide lors d'une légère crise pendant un entraînement, et il savait que lui aussi portait son lot de démons qui l'empêchaient de dormir la nuit. Et puis, il en venait de plus en plus à le considérer comme son père, vu tout ce qu'il faisait pour lui.
Izuku prit donc quelques inspirations profondes et lorsqu'il se sentit de nouveau prêt à avancer, il continua sa dure aventure des dortoirs pour trouver celui de son professeur principal - et préféré -.
Essayant toujours d'étouffer ses sanglots, le vert frappa rapidement à la porte avant d'avoir eu le temps de se dégonfler.
Les quelques secondes qu'il dut attendre lui parurent interminable. Puis, enfin, un Aizawa encore plus décoiffé que d'habitude, le sommeil dans les yeux lui ouvrit.
"- Midoriya ? Qu'est-ce que tu fais ici aussi tard ?
- S- Sen- Sensei... Je- Je-
- Calme toi. Viens, entrons à l'intérieur."
Son professeur lui posa gentiment une main sur l'épaule afin de le guider jusqu'au canapé moelleux de son appartement. Ensuite, il l'aida à prendre plusieurs longues et profondes inspirations.
"- Allez, avec moi Midoriya. On inspire, il mima une grande inspiration. On bloque, encore un peu, voilà, et on expire doucement. C'est ça, c'est très bien, encore une fois. Inspire... Bloque, et puis expire.
- M- Merci, Sensei.
- C'est normal. Est-ce que tu veux quelque chose ? Thé, chocolat chaud, de l'eau ?
- Une- Une tasse de thé... Merci beau- beaucoup."
Aizawa hocha la tête et prépara deux tasses de thé, permettant à Izuku de sécher ses larmer restantes et finir de se calmer.
"- Et voilà ton thé. Alors, est-ce que tu veux me raconter ce qu'il s'est passé ?
- J'ai- J'ai juste... Fais un mauvais rêve...
-Mhmh... Un très mauvais rêve alors, pour te mettre dans cet état, n'est-ce pas ?
- O- Oui... C'était vraiment horrible...
- Tu veux me le raconter ?
- Est-ce que j'ai le choix ?
- Eh bien, si tu ne le veux vraiment pas, je ne te forcerait pas. Cependant je t'organiserai un rendez-vous avec Hound dog.
- N- Non, ça ira... Merci. C'était- Enfin- Je- En fait- Il y avait- Et puis-
- Wow, ok, calme toi, Midoriya. Ça ne sert à rien de paniquer, prend le temps qu'il te faut, je ne suis pas pressé.
- D'accord, d'accord... il prit une grande inspiration. Alors, il y avait... Beaucoup de monde, toutes les personnes à qui je tiens... Mais ils- ils était... Méchants. Tout le monde disait- disait que je ne serais pas un héro... Que j'avais échoué... Que- Que je suis un monstre... Qu'ils regrettent de- de m'avoir dans leurs vies... ses larmes recommencèrent à couler.
- Oh, Midoriya... Est-ce que tu m'autorise à te prendre dans mes bras ?
- O- Oui... S'il vous plaît..."
Aizawa vint doucement entourer le garçon de ses bras, lui murmurant gentiment "ça va aller". Le vert se laissa pleurer autant qu'il le voulait sur son épaule, le pyjama super doux de son professeur absorbant toutes ses larmes.
Ils restèrent de longues minutes dans cette position, Aizawa berçant et chuchotant à Izuku, qui pleurait à chaudes larmes. Cela lui faisait tellement de bien, Jamais il n'avait osé pleurer de cette manière devant All-might. Il avait bien trop honte, bien trop peur que le numéro un ne le juge. Mais il savait que jamais Aizawa ne le jugerai ou le detesterai pour cela. Et ça lui faisait un bien fou. Plus personne ne l'avait réconforté comme cela depuis des lustres, et il ne pensait certainement pas en avoir de nouveau besoin un jour. Mais le voilà, se faisant câliner par son professeur principal après un cauchemar. Izuku pourrait bien y prendre goût.
Une fois qu'il se fut complètement calmé, et qu'il n'était plus sur le point de fondre en larmes à tout moment, Izuku s'éloigna, un peu à contre coeur, et accepta que lui tendit en souriant Aizawa. Il lui sourit en retour.
"- Merci, Sensei.
- De rien, gamin. J'espère que tu as conscience que tout ce qui s'est passé dans ce cauchemar, ce n'était pas la réalité et que ce ne sont que des bêtises, n'est-ce pas ?
- M- Mais-
- Non, pas de mais. Tu es un héro, Izuku. Et tu es le plus grand héro que cette terre ai connu, que cette terre connais et que cette terre connaître.
- Je- Tous ces gens... Qui- Qui sont morts, par ma faute ! Je n'ai pas pu les sauver...
- Non, pense dans l'autre sens, gamin. Pense à tous ceux que tu as sauvé, à tous ceux qui ne seraient plus en vie si tu n'avait pas été là. Crois moi, personne ne t'en veut de n'avoir pu sauver tout le monde. Personne ne l'aurait pu, alors ne te blâme pas pour ça.
- All-might-
- Même All-might n'aurait pas pu, Izuku. C'était impossible. Même si c'est triste, ce n'est pas de ta faute. C'est uniquement la faute des vilains. Pas la tienne. En aucun cas. Tu n'es pas celui qui les a tué.
- Vous... Vous avez raison, Sensei. Mais je- Je ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir... Si seulement j'avais pu faire plus... faire mieux.. Si-
- Gamin. On ne peux changer le passé avec des "si". Tout ce qu'on peut faire, c'est essayé d'améliorer l'avenir, et accepter que nous ne sommes pas parfaits, ni des robots. Les erreurs, les sentiments, ça fait toute notre humanité, ca fait parti de nos vies. Et il faut apprendre à avancer avec, plutôt que d'essayer de les éradiquer.
- Merci beaucoup, Aizawa Sensei... Qu'est-ce qu'on ferait, sans vous ?
- Oh, je suis sur que vous vous débrouilleriez très bien... Même si vous n'êtez que des gamins, vous êtes certainement les plus intelligents, les plus débrouillards et les plus courageux que je n'ai jamais rencontré. Et vous ferez tous de grands héros plus tard, j'en suis persuadé."
Izuku sourit. Aizawa lui rendit. Et, comme ça, ils se prirent de nouveau dans les bras avant qu'Izuku ne retourne dans sa chambre, bien plus apaisé et prêt à méditer ces paroles avant de se rendormir.
FIN
