Chapter Text
Tiendrais-je ta vie entre mes mains?
Si ce n’était pas aussi cruel je trouverais cela honorable.
Laisse-moi te guider sur le chemin,
Vers ta mort dont je suis responsable.
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Les rayons du soleil apparaissaient timidement, les oiseaux chantaient leurs douces mélodies pour accueillir ceux qui devaient se lever aux aurores, les travailleurs partaient petit à petit de leurs foyers. Une nouvelle journée démarrait. Agrippant maladroitement la poignée, Yoji referma le robinet avant de soupirer. Une nouvelle journée démarrait. Une de plus…Il releva la tête sans avoir la moindre motivation en lui avant de fixer son visage dans le miroir en face de lui. Un visage qu’il connaissait bien puisqu’il s’agissait du sien. Un visage qu’il n’aimait pas mais qu’il ne détestait pas non plus.
Il observa un moment ses yeux vairons, rouge et jaune, avant de se décider à regarder quelque chose de plus agréable. Ses pas le conduisirent au salon dans lequel il retrouva ses parents qui se préparaient à partir au travail. Son ennui et sa mauvaise humeur semblaient s’être estompés un court instant, il les salua en souriant gaiement. Dès que les sourires de ses parents disparurent derrière la porte qui se referma, Yoji fit disparaître son visage enjoué. Plus besoin de se forcer, il n’y avait plus que lui dans la maison.
-Reprends-toi, tu vas devoir faire ça toute la journée, se dit-il en se tapant doucement les joues en pensant que ça l’aiderait à se réveiller.
Yoji resta debout au milieu de son salon quelques minutes en fixant le mur. Il essayait de se motiver et de se préparer pour la journée qui l’attendait. Finalement, il réalisa qu’il perdait du temps et finit par attraper son sac de cours et de quitter la maison d’un pas las. Ce trajet, il le connaissait par cœur à tel point qu’il pouvait se perdre dans ses pensées et laisser son corps en mode automatique, il arriverait toujours à destination sans même se préoccuper des pas qu’il faisait. C’était une partie de la journée qu’il aimait beaucoup car il avait la sensation d’être plus tranquille même en étant au milieu d’une rue avec des passants autour de lui.
Ce jour-là fut légèrement différent. Alors qu’à l’habitude il ne se passait rien, cette fois-ci il aperçut du mouvement devant lui et quand il releva la tête il se retrouva nez à nez avec un homme qui courait en sa direction. Tous deux eurent le réflexe de se décaler pour éviter de se cogner l’un l’autre mais la malette que l’homme tenait lui glissa des mains et tomba aux pieds de Yoji. Si les autres passants semblaient ne pas s’inquiéter de ce qui venait de se produire, Yoji, lui, s’était figé comme tétanisé. Il avait eu beaucoup plus peur qu’il n’aurait dû l’être.
-Oh mince, désolé! s’exclama l’homme en souriant nerveusement. Tu n’as rien j’espère?
Quand il posa ses yeux bordeaux sur Yoji, il se figea à son tour, perturbé. Cela eut pour effet de sortir le garçon de son état second et il baissa la tête pour le dévisager, gêné. Une gêne qui renversa ses pensées et son esprit semblait avoir fait un looping. Il ne se sentait plus aux commandes de son corps.
-Oh écoutez, j’avais besoin d’un bon coup pour me réveiller de toute façon! Merci! s’exclama-t-il en riant.
Cela fit rire son interlocuteur. Yoji, lui, se sentait confus et se demandait déjà pourquoi il avait dit ça.
-Enfin bref, il n’y a pas de mal! poursuivit-il en agitant les mains.
-Ahah, tant mieux. Je ne regardais pas où j’allais, ça aurait pu être catastrophique.
Il se pencha rapidement, attrapa sa mallette, salua Yoji et repartit en courant. Le garçon l'observa quelques secondes avant de le perdre de vue et soupira. Lui aussi avait été perturbé en voyant son visage. Il lui rappelait quelqu’un. Du moins, son physique ne lui était pas inconnu. Une peau mate, des cheveux rosés et des yeux d’un rouge foncé couleur de vin. Son meilleur ami lui ressemblait.
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Il n’avait pas voulu le faire et pourtant l’irréparable se produit. Yoji ferma les yeux après une bataille acharnée pour les garder ouverts et ainsi continuer à suivre le cours qui, aussi peu intéressant semblait-il être, était important pour ses examens. Sa dure lutte pour ne pas s’endormir avait été rude et il comptait sur ses dernières forces pour que son esprit ne s’éteigne pas alors que l'obscurité lui chuchotait doucement de se laisser aller au repos qu’il souhaitait tant prendre. La salle de classe, bien qu’elle était un endroit rempli de monde, était le seul endroit où les autres semblaient captivés par autre chose que lui. Yoji se savait discret aux yeux de tous et peu de gens le connaissaient vraiment pourtant il se sentait constamment observé. Observé de façon négative. C’était un sentiment si désagréable qu’il en venait à apprécier les cours pour qu’il le quitte soudainement. Il se terrait dans un coin de la classe et arrivait à réfléchir correctement sans se préoccuper de la présence d’autant de personnes autour de lui. Cela l’apaisait tellement que le sommeil semblait vouloir récupérer sa place et s’imposer dans un moment non propice.
La lutte fut vaine, son esprit s’en allait. Il avait le visage posé dans le creux de sa paume et sa tête commençait lentement à se pencher sur le côté. Finalement, une sensation étrange dans le coude, comme un léger coup, le réveilla soudainement. Il secoua la tête, essayant d’éviter de se prendre dans les yeux les rayons du soleil qui passaient à travers la fenêtre avant de se tourner vers son voisin de table.
-Hé, si tu veux dormir, attends au moins la pause, lui glissa-t-il en retenant un rire.
Yui Noren, son ami. Son seul ami. Yoji avait parfois du mal à comprendre pourquoi quelqu’un d’aussi extraverti que lui arrivait à s’entendre avec quelqu’un comme lui. Ils étaient de parfaits opposés en termes de caractère et pourtant ils étaient amis depuis longtemps. Il était rare pour Yoji de voir Yui sans un sourire sur le visage. Un sourire qui inspirait de la sympathie pour lui. Le sourire de quelqu’un qui sait ce qu’il veut et ce qu’il fait. Yoji l’avait toujours admiré pour ça.
-Non, je vais essayer de tenir, murmura-t-il avec une voix endormie, je me suis assoupi combien de temps?
-Cinq secondes à peine. Tiens le coup, la journée est presque finie.
Dans l’esprit de Yoji sa sieste avait duré au moins deux heures.
-Tu dors au moins? demanda Yui.
-Oui, c’est ça le pire. Je ne sais pas d’où vient cette fatigue.
Yui ria discrètement avant de se pencher de nouveau sur le cours. Yoji, amusé par la réaction de son ami, souffla un bon coup avant de poser ses bras sur sa table, décalant ses crayons au passage, pour poser sa tête dessus. La journée se terminait presque.
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Après les cours, Yoji fit une partie du trajet avec Yui. A son grand désarroi, ils croisèrent des connaissances de son ami. Ne sachant pas qui ils étaient et n’étant pas à l’aise avec les inconnus, Yoji s’était reculé de quelques pas pour laisser Yui parler tranquillement sans avoir à penser à lui. Il savait que dans ce genre de moment s’il était trop dans son champ de vision, Yui en venait à mettre fin à la conversation pour repartir avec lui et bien que Yoji appréciait ce geste, il refusait d’être ce fardeau dont Yui devait s’occuper. A la place, il écouta la conversation, du moins à moitié, et se perdit dans ses pensées en se demandant s’il ne faisait pas mieux de partir seul au lieu d’attendre celui à qui il s’accrochait sans arrêt. Yoji détestait penser qu’il n’arrivait à être sociable qu’en compagnie de son seul et unique ami et pensait parfois qu’il devait plus s’ouvrir aux autres. Sauf que les autres le mettaient mal à l’aise. Il avait la sensation d’être de trop, une épine qu’on ose pas regarder et qui pourtant dérange. Pour cacher son mal être, Yoji passait souvent par l’humour et espérait faire rire son interlocuteur pour lui faire croire qu'il était à l’aise afin de camoufler son envie oppressante de s’enfuir en courant et de se retrouver seul. C’était plus ou moins ainsi qu’il était devenu ami avec Yui mais contrairement aux autres, il ne l’avait pas oublié et ils avaient fini par devenir proches. Plus que Yoji n’aurait pu l’espérer et au fond cela lui faisait très plaisir.
Finalement, la conversion n’alla pas très loin et Yui reprit son chemin avec lui avec sa bonne humeur habituelle. Ils discutèrent de tout et rien. Marchant plus doucement qu’à l’habitude, ils profitèrent de l’éclairage des lampadaires pour accompagner leur route dans l’obscurité de la nuit.
-Bon, et n’oublie pas de dormir hein! dit Yui en riant.
-Compte sur moi, je serai en forme pour demain.
-J’espère bien. Tu as intérêt à l’être, je veux te revoir en forme!
-Euh, oui chef!
Dans un dernier sourire, Yui partit de son côté à l’embranchement où ils se séparaient toujours en agitant le bras. Yoji lui sourit avant de tourner à son tour et de se retrouver seul dans son monde. La nuit devenait fraîche, il espérait rentrer rapidement chez lui. En y réfléchissant bien, il ne savait plus depuis combien de temps il était ami avec Yui. Lui qui avait pourtant bonne mémoire il n’arrivait pas à se souvenir de ce détail qui était si important à ses yeux. Pas que ça avait une grande importance dans les faits mais il aurait aimé s’en rappeler.
Il continua sa ligne droite tranquillement. La nuit ne l’effrayait pas vraiment, il marchait aussi paisiblement qu’en journée et ignorait les histoires sordides qu’il avait pu entendre. Pourtant, la nuit semblait agitée. La lune éclairait assez pour qu’il puisse se passer de lampadaires, les branches des arbres craquaient à cause de la légère brise et quelques oiseaux volaient encore dans le ciel, brisant le silence avec le battement de leurs ailes. Comme il était seul, Yoji se mit à fredonner une chanson qu’il aimait bien aussi discrètement que possible pour accompagner l'orchestre de la nuit. La douce mélodie se tut soudainement. Yoji sentit une main se plaquer sur son visage, bloquant tout son sortant de sa bouche. Il se débattit comme il le pouvait, paniqué et effrayé mais celui qui l’avait attrapé semblait bien plus grand et fort que lui. Dans un dernier espoir, Yoji se tourna pour essayer de trouver Yui du regard, qui n’était pas censé être très loin d’eux et pouvait donc lui venir en aide. La ruelle était déserte. Finalement, sa lutte s’arrêta aussi vite que la chanson qu’il fredonnait car sa conscience s’effaça très rapidement et il ne vit plus rien.
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Lourdement, Yoji ouvrit les yeux. Il les garda mi-clos, essayant de s’habituer à la lumière de l’endroit dans lequel il se trouvait. Il attendit quelques secondes que sa vision devienne plus nette et qu’il distingue correctement le plafond au-dessus de lui pour essayer de se rappeler de ce qui l’avait amené à être inconscient. Dans la ruelle… Sauf qu’il n’était plus dans une ruelle. Il voulut se redresser et réussit à relever simplement la partie haute de son corps en s’aidant de ses coudes. Ses jambes semblaient refuser de bouger, peut-être était-il encore trop endormi pour se lever. Il se rendit vite compte que ce n’était pas le cas et qu’il n’avait pas remarqué plus tôt que sa position était étrange. Ses genoux étaient relevés, pointant vers le plafond, et ses chevilles étaient immobilisées. Trouvant finalement la force de s’asseoir, Yoji réalisa que ses chevilles étaient entourées d’un anneau de métal, lui-même enchaîné au sol. Impossible pour lui de se déplacer ou même de faire un pas. Les deux anneaux étaient reliés l’un à l’autre donc il était obligé de garder les deux pieds proches sans pouvoir les bouger.
-La porte est normalement fermée alors pourquoi aller jusque là…
Soudainement, il entendit une sorte de sonnerie de téléphone. Comprenant que cela venait de la poche de son pantalon, il le prit, constatant au passage qu’il ne s’agissait pas de son propre téléphone, avant de trouver un écran noir. Surpris, Yoji le retourna dans sa main pour analyser l’objet qu’il tenait, il semblait être un téléphone tout ce qu’il y avait de plus normal.
- Début du guidage vocal.
-Wah! Quoi?
- La première épreuve va commencer. Trouvez le code pour vous libérer et vous éloigner de la zone avant de vous faire transpercer par le plafond. En espérant que vous vous amuserez et vous donnerez corps et âme dans cette épreuve. Le temps limite est de trois minutes, notez qu’il n’y a que deux entrées dans le code et que vous n’avez droit qu’à un seul essai.
Le son s’arrêta puis un bruit de mécanisme résonna au-dessus de Yoji. Il releva la tête pour se retrouver face à des pointes acérées qui descendaient lentement vers lui. L’épreuve avait commencé.
-Attendez, quoi?! C’est quoi cette histoire, faites-moi sortir d’ici j’ai jamais voulu participer à ça!
Il cria à plusieurs reprises sur le téléphone et, comprenant qu’il n’avait pas le temps et que c’était vain, le lança. L’objet ricocha sur le sol avant de se briser contre le mur à l’autre bout de la pièce. Le bruit du mécanisme qui faisait descendre les pointes commençait à résonner dans la tête du garçon et sa respiration s’accéléra. Il ne voyait aucun monde dans lequel il pouvait survivre à cela.
-Trois minutes… J’ai trois minutes pour trouver un code…
A l’aide de ses mains, il s’avança pour s’accroupir et ensuite se relever non sans se faire peur en perdant l’équilibre mais il le récupéra rapidement. Immédiatement, il se pencha en avant pour ne pas rentrer en contact avec les pointes. En réalité, il ne les touchait pas encore mais cela n’était qu’une question de temps, il l’avait bien compris. Il remarqua devant lui, à ses pieds, un pavé tactile, comme une calculatrice et constata qu'effectivement, il ne pouvait rentrer que deux chiffres. Il ne pouvait pas le faire au hasard, il n’avait droit qu’à une seule chance. Yoji scruta la petite pièce dans laquelle il était, il n’y avait aucune inscription sur les murs et il ne pouvait de toute façon en atteindre aucun donc il n’y avait rien de dissimulé autour de lui. Il finit par se pencher vers les anneaux qui retenaient ses jambes et trouva sur celui qui bloquait son pied gauche, gravé sur le côté, deux chiffres. 1 et 1.
-C’est ça le code? Ça n'a pas l’air très difficile à trouver comme ça…
Parce que ça lui semblait trop facile, il vérifia à sa cheville droite. 4 et 7.
-Ne me dites pas que l’un des deux est le code et que j’ai une chance sur deux de me tromper…!
Il observa le plafond. Il se rapprochait vite, trop vite, il savait déjà qu’il ne pouvait plus tenir debout sans se faire empaler.
-Ou alors je dois utiliser les deux? Mais j’ai quatre chiffres… Voyons, un plus un ça fait deux et quatre plus sept ça fait… Non, je n’ai droit qu’à deux chiffres… Les multiplier revient aussi à la même chose alors…
Le plafond descendait toujours et de la même façon que le mécanisme tournait, Yoji se concentrait pour faire tourner les engrenages dans sa tête et se sortir de cette situation. Rien de ce qu’il imaginait ne semblait fonctionner, il se retrouvait toujours avec plus de chiffres que prévu.
-Ca se rapproche, ça se rapproche… Je les entends…
A genoux, gardant la tête basse, le regard figé sur le pavé tactile à ses pieds, Yoji réfléchit aussi vite qu’il le pouvait. Finalement, en désespoir de cause, et parce qu’il n’avait plus d’idées, il décida d’appuyer une fois sur le chiffre 1. En voyant ce qui était apparu sur l’une des deux entrées, il en fut convaincu. Son raisonnement était correct. Il posa son doigt sur le 7 et appuya quatre fois dessus. Les deux entrées furent complétées. AS . Les anneaux bloquant ses chevilles s’ouvrirent immédiatement et sans hésiter une seule seconde, Yoji rampa au sol pour s’éloigner de la zone dangereuse et regarda pendant quelques secondes les pointes qui se rapprochaient du sol jusqu’à s’y planter et s’immobiliser. Le mécanisme s’arrêta. Le seul son perceptible dans la pièce à présent était la respiration du garçon qui peinait à se remettre de ses émotions.
-Alors… Ça marchait bel et bien… Comme un vieux téléphone…
Il reprit son calme et se releva les jambes encore un peu tremblantes. Comme il n’avait reçu aucune instruction, notamment parce qu’il avait cassé le téléphone qu’on lui avait si gentiment donné, il décida de vérifier si la porte était verrouillée. A sa grande surprise, elle s’ouvrit et il découvrit un couloir sombre dans lequel il ne distinguait rien. Aucune source de lumière, aucun son. Il regretta subitement d’avoir lancé la seule chose qui aurait pu l’éclairer.
-Bon, c’est toujours mieux que de rester ici, songea-t-il en jetant un dernier regard vers les pointes.
Il s’engouffra dans le couloir en se collant aux murs. Il demanda plusieurs fois s’il y avait quelqu’un mais personne ne lui répondit. Il s’arrêta un instant, pensant que faire demi-tour serait une bonne décision. Cette pensée sombra aussi vite que lui. Le sol disparut sous ses pieds et avant même qu’il ne comprenne ce qui se passait, Yoji se sentit tomber dans l’obscurité, son cri résonnant dans l’étrange bâtiment dans lequel il se trouvait.
Puis plus rien.
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Chose inédite, il ouvrit de nouveau les yeux sur le plafond d’un bâtiment qu’il ne connaissait pas. Se sentant moins alourdit que la première fois, Yoji se redressa d’un seul coup et machinalement vérifia s'il était libre de ses mouvements. Cette fois-ci, il n’était pas attaché. Rassuré, il passa une main sur son front avant de relever la tête pour savoir où il avait de nouveau atterri. Un grand hall vide de décoration ou de meubles, comme la pièce où il avait passé l’épreuve. La seule chose notable était la présence de plusieurs personnes debout en train de discuter ou encore allongées au sol, inconscientes. Une jeune fille qui semblait avoir son âge s’approcha de lui avant de s’agenouiller avec un sourire aussi doux que son regard.
-Tu peux te lever? demanda-t-elle en tendant une main vers lui.
Surpris, Yoji ne réagit pas.
-Vous… Tu es, balbutia-t-il.
-Oh, ne t’inquiète pas. Je ne fais pas partie de ceux qui t’ont amené ici. En fait, je crois que nous sommes tous leurs victimes.
-Nous sommes tous…
Il scruta de nouveau les environs et remarqua que les quelques personnes éveillées n’avaient que deux expressions sur le visage. Ils étaient soit apeurés soit affichaient un air grave et peu rassurés.
-Oh, euh…
Voyant que la jolie blonde commençait à agiter sa main pour ne pas se faire mal au bras, car il était toujours tendu inutilement, Yoji saisit sa main et ensemble ils se relevèrent. Immédiatement, il recula d’un pas avant de joindre ses mains devant lui et de fixer le vide.
-Je comprends ta méfiance, dit-elle calmement, mais j’ai eu l’occasion de discuter avec quelques personnes ici. Ils ont tous l’air fiable.
-Comment peux-tu en être si sûre?
-Je ne suis sûre de rien mais il est évident que personne n’est avec nos kidnappeurs ici donc je ne peux que me ranger de leur côté.
-Je vois…
Un détail le marqua rapidement et il finit par le remarquer chez chacun d’eux. Ils portaient tous le même collier autour du cou. Par simple aquis de conscience, Yoji porta sa main droite au sien et constata avec effroi qu’il en portait un lui aussi. Probablement le même. Un collier qui les mettait tous dans la case “victime des kidnappeurs”. Il finit par retrouver sa lucidité car son cœur se mit de nouveau à battre si fort qu’il n’entendait plus que lui.
“ Où est-ce que j’ai atterri encore? Je veux rentrer chez moi! Dans quoi j’ai été embarqué? Qu’est-ce qui va nous arriver? ”
En voyant sa détresse, la jeune fille attrapa sa main libre entre les siennes, la réchauffant au passage, avant de lui sourire. Mais ce sourire, contrairement à quand elle l’a accueilli, semblait plus forcé.
-On va trouver une solution. Mais avant, il faut qu’on se réunisse tous pour discuter.
-C’est… Ce que vous avez convenu ensemble?
-Eh bien nous n’étions que cinq à ce moment-là mais ça me semble être la chose la plus logique à faire tu ne crois pas?
-Tu as raison… Très bien, allons voir les autres.
Il hésita quelques secondes, comme s’il avait oublié, avant de relever la tête.
