Actions

Work Header

Rating:
Archive Warning:
Category:
Fandom:
Relationship:
Characters:
Language:
Français
Series:
Part 2 of The Black Diary (Le carnet noir)
Stats:
Published:
2013-03-24
Updated:
2013-03-25
Words:
2,558
Chapters:
2/?
Comments:
4
Kudos:
8
Hits:
265

Le carnet noir (The Black Diary) -

Summary:

John habite depuis quelques temps au n° 221b et a pris l'habitude d'écrire un journal. Il y consigne chaque faits et détails de sa journée mais ne l'écrit jamais en présence de quiconque. Ce carnet noir devient tout ce qu'il possède et prend une dimension toute particulière. Tout semble le séparer de son ancienne vie et son attention se porte de plus en plus sur son très singulier colocataire. Jusqu'à ce que celui-ci ne découvre le carnet.

Chapter 1: Kensington Gardens

Chapter Text

 

L'air frais du mois de mars s'étendait comme une couverture sur la ville de Londres, avec ses nuages épais et son souffle glacé qui avait gardé les traces d'un hiver tenace. Le temps était trop mauvais pour une longue promenade mais John ressentait une irrésistible envie de marcher. De marcher très vite et laisser le froid engourdir son visage. "Peu importe, que le vent gèle mes os. Après tout...". Il voulait trouver un endroit calme, sûr, une protection faites d'arbres et de buissons, là où la lumière et l'ombre ne faisaient qu'un. "Kensington Gardens" . C'était à une demi-heure de marche mais il s'en fichait éperduement. "Tant que ça me permet de me calmer".
Il marcha à vive allure, si bien qu'il arriva à destination plus vite que prévu. Il était à peine 11h et le parc semblait être rempli d'une certaine quiétude. Une quiétude hivernale et brumeuse mais qui lui semblait étrangement apaisante. Les bruits de la ville commençaient à s'évanouir au fur et à mesure qu'il s'éloignait des bords du parc. Chaque pas engendré semblait le délester un peu plus du poids qui pesait sur lui. 
Laisser derrière lui le plus lourd à supporter, ne fusse que pour quelques heures et respirer. Respirer pour de vrai. 
Après les Fontaines, il continua sur Peacocks Walk et traversa le pont de la Serpentine. Il tourna à droite et remonta jusqu’au petit square où était installée la statue de Peter Pan. Il aurait pu faire ce chemin les yeux fermés tant il le connaissait par cœur. Le bruit de l'eau paisible sur la rive de Long Water et le crissement des graviers blancs sous ses semelles. Les cris des enfants qui courent et le silence de ceux qui avancent lentement, comme dans une procession… Tous ses souvenirs remontaient à la surface : il se revoyait parcourir ces sentiers, années après années, de son enfance jusqu’à ses dernières années d’études, à l'université. Un sentiment de légèreté le submergea soudainement. "Je devrais revenir plus souvent. Même seul...". Et la sensation d'allégresse qu'il sentait s'installer se dissipa aussitôt. Seul signifiait à nouveau sans lui. 
Il s'installa sur le banc le plus proche en soupirant; cette chose qu'il tentait de réprimer prenait tellement de place qu'il avait fini par s'y résigner et vivre avec. Faire semblant et s'accrocher. En tant que soldat, John avait appris à être discipliné et à encaisser les coups. Faire bonne figure même quand ça fait mal. Être entraîné à la douleur, comme une machine."Mais la machine, ce n'est pas moi". La machine c'était ce corps inaccessible qui ravageait ses pensées et le faisait trembler.
Il se mit à se détester d'avoir si peur d'exister. Il se torturait volontairement, il aurait très bien pu tout lui avouer et arrêter de consigner sa vie sur papier. Pendant un instant, il ressentit une vague de courage monter en lui mais sa raison, sa foutue raison l'emporta. "Si je lui dis tout et que ça ne fonctionne pas...Je ne me le pardonnerai jamais".  Une brise exceptionellement froide traversa le parc, vint se briser contre John et s'immisça sous ses vêtements. Il était temps de rentrer. La route qu'il avait si vite parcouru tout à l'heure lui semblait à présent interminable. Tant pis, il prendrait un taxi.