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URSSAF, DGFiP et autres maux

Summary:

Une histoire d'ambition, de faux semblants et de détermination.

Jusqu'où Arthur Pendragon est-il prêt à aller pour obtenir ce qu'il désire vraiment, cette place qu'il aurait dû mériter de naissance ?

AU / Slow burn ⚠️

Notes:

HELLO LA TEAM
de retour avec un très mauvais tour dans mon sac.
j'ajouterai des tags au fur et à mesure, accrochez-vous ce sera très long. j'ai déjà écrit 11 chapitres, 50k mots pour l'instant et je pense en être plus ou moins à la moitié.

je suis consciente que les AU ne sont pas la tasse de thé de tout le monde donc je ne vous en voudrai pas si vous ne lisez pas :)

Chapter 1: CARMÉLIDE ASSURANCES

Chapter Text

Les portes automatiques s’ouvrirent sur Arthur à dix heures du matin. La décoration du siège national de Carmélide Assurances était épurée et moderne. Il semblait silencieux, aussi, malgré l’open-space qui se dessinait derrière les parois vitrées le séparant de l’entrée. Le bâtiment accueillait la direction du reste du groupe Carmélide aussi alors il était haut et vaste.

La réceptionniste le dévisagea derrière son comptoir haut et lui tendit finalement le badge de visiteur qu’il échangerait bien vite avec le permanent. Le Directeur des Ressources Humaines devait l’accueillir et lui fournir clés et informations nécessaires à une bonne intégration dans l’entreprise.

Commencer un vendredi, qu’est-ce que c’était stupide.

Il arriva bien vite, grand et blond, vêtu d’un élégant costume gris clair. Lancelot du Lac, il avait mené son entretien d’embauche, poli et juste assez souriant pour être rassurant. Ses yeux bleus détaillèrent la tenue d’Arthur, il portait une chemise simple et un pantalon assez habillé pour être approprié pour l’entreprise mais c’était sur ses baskets que le regard du directeur s’arrêta. Horrifié de trouver ses pieds chaussés d’Air Force blanches et bordeaux, il fronça les sourcils.

Silencieux, ou presque, il le mena dans ce labyrinthe de bureaux et de couloirs. Tous étaient vitrés comme si le directeur général voulait surveiller la productivité de ses employés. Connaissant Léodagan de Carmélide et sa réputation, Arthur s’imaginait que c’était le cas. Son style de management : autoritaire, directif.

« Vous partagerez un bureau tant que vous occupez ce poste. On connait votre ambition mais ça ne sera pas simple, plusieurs autres personnes sont sur l’affaire, des employés de longue date. » Déclara Lancelot en le menant jusqu’à une énième porte vitrée.

Les murs étaient faits de verre et aucun store ne protégeait l’intérieur du bureau des regards environnants. Arthur ne s’arrêta pas sur les noms gravés sur une plaque à hauteur des yeux. 

« Très bien. » Répondit-il.

La pièce était plutôt vaste et lumineuse, une baie vitrée donnait sur le parking extérieur. De sa chaise, il pourrait même surveiller sa voiture. Les deux postes de travail étaient face à face mais avec des meubles assez grands pour ne pas se déranger.

La deuxième occupante travaillait déjà face à deux moniteurs allumés et un autre ordinateur portable. Son bureau était recouvert de dossiers et papiers, une véritable tornade. Elle ne releva la tête que lorsque Lancelot porta des petits coups à la porte en verre et entra.

« Guenièvre, bonjour. » Il lui offrit un sourire sincère et presque timide qu’Arthur trouva étrange.

Cette Guenièvre était brune et ne semblait pas très grande. Ses cheveux frisés étaient remontés en un chignon plein de bosses et de mèches fugueuses. Elle n’était pas maquillée et portait un pull Mickey qui rassura Arthur quant à la tenue de rigueur chez  Carmélide.

« Bonjour, Lancelot. » Répondit-elle d’une voix aiguë et agaçante, déjà.

« Arthur Pendragon, je vous en avais parlé. » Il désigna la nouvelle recrue.

Polie et accueillante, elle se leva et parcourut la distance qui la séparait des deux hommes avant de tendre la main vers Arthur.

« Guenièvre, enchantée. » Elle lui serra la main, une poigne trop molle pour être respectable. « Bienvenue. »

Et ensuite, elle retourna à sa place sans savoir quoi ajouter. Elle portait un jeans foncé mais usé aux genoux et ce qu’Arthur identifia comme des contrefaçons de Doc Martens bien abimées. A quoi servait cette languette verte ?

« Merci. » Il désigna le bureau inoccupé. « Je suppose que c’est mon côté. »

« Je vous laisse vous installer, Gérard passera sous peu vous expliquer tout ça. » Déclara Lancelot d’un air neutre, puis il se tourna vers la jeune femme et son visage s’adoucit. « Au revoir, Guenièvre, passez une bonne journée. » Il lui offrit un autre sourire qu’elle lui rendit.

« Merci, Lancelot, vous aussi. » Elle restait professionnelle mais douce, loin du portrait presque rougissant du Directeur des Ressources Humaines.

Arthur se retint de rouler des yeux. Devrait-il subir ces romances de bureau ? Il détestait ça, les ragots, les rumeurs, les yeux doux.

De son côté de la pièce, il y avait une armoire et deux autres colonnes de rangement puis un bureau en L avec du matériel informatique de qualité, deux moniteurs comme Guenièvre. Il prit place sur la chaise à roulette qui tournait et s’inclinait, confortable, plutôt.

De cet angle, ses écrans et ceux de sa collègue cachaient entièrement son visage et son buste. Au-dessus d’elle, un effroyable tableau encadré de dorures, le portrait d’un chat noir aux yeux verts perçants et à la queue cassée. Il était assis sur une pile de livres sur une table en bois massif et derrière lui, une bibliothèque vintage qui occupait tout un pan de mur.

La scène était éclairée par une fenêtre de laquelle filtraient les rayons chauds du soleil couchant, sa lumière se reflétait sur les surfaces polies de la table et des étagères ainsi que sur les pupilles du chat. Il ressemblait étrangement au portrait présidentiel de Charles de Gaulle.  Arthur réalisa avec un effroi que ce tableau avait été peint à la main.

@alexdujour

Le pull Mickey et la maladresse sociale faisaient bon ménage avec un amour prononcé pour les chats. Guenièvre devait être une de ses vieilles filles solitaires et godiches. Presque affalée sur sa chaise de bureau, elle avait peu d’allure.

Il espérait cette cohabitation sans accro.

Il se racla la gorge, un peu penaud de juger ainsi cette femme sans la connaître. C’était ce qu’il faisait de mieux, pourtant, il triait les relations utiles et inutiles au milieu professionnel. C’était ce qui l’avait propulsé là, temporairement employé et sûrement promu directeur financier, les recommandations d’amis, de famille, même.

« Guenièvre, c’est ça ? » Commença-t-il. « Tu fais quoi ici ? »

Elle leva la tête pour que ses moniteurs ne lui cachent plus la vue. « Comme vous, Arthur. » Répondit-elle en appuyant sur le pronom. « La fiscalité. »

« Ah… D’accord. » Il hocha les sourcils. C’était peu commun, de se vouvoyer dans un bureau lorsqu’aucune hiérarchie l’exigeait. « Et du coup, vous avez l’habitude d’avoir quelqu’un dans le bureau ? »

Elle acquiesça, plus approbatrice du vouvoiement. « Oui, mais ils ne restent jamais longtemps. C’est difficile de trouver un bon fiscaliste de nos jours. »

« C’est sûr. »

Il ne trouva rien à ajouter et elle non plus, même en essayant, alors il se plongea dans son nouvel environnement et se connecta à l’ordinateur en utilisant les documents que Lancelot lui avait donnés. Il y trouverait tout, les codes, l’accès à la boite mail de l’entreprise, au logiciel de gestion comptable…

Arthur fouilla l’armoire pour y trouver les dossiers capitaux. Ils étaient tous de son côté alors le partage des tâches devait être peu équitable avec sa collègue. Ou alors, elle en traitait d’autres.

Onze heures sonnaient presque et toujours aucune trace de Gérard. Un moteur vrombissant attira l’œil d’Arthur par la baie vitrée. C’était une Dodge Viper rouge, les vitres baissées et de la musique assez forte pour que les basses puissent s’entendre de là où il se tenait, debout devant l’armoire.

Il aperçut Guenièvre secouer la tête et lever les yeux au ciel.

« C’est qui ? » Questionna-t-il.

« Yvain de Carmélide. » Répondit-elle. De sa bouche, ce prénom sonnait comme une insulte.

L’homme en question sortit de sa voiture vêtue d’une chemise froissée, mal rasé et à peine peigné, avec la trace de l’oreiller sur la joue. Il traina les pieds jusqu’à l’entrée. De loin, Arthur pouvait déjà l’identifier.

« Le fils du patron ? »

Elle acquiesça.

« Qu’est-ce que ça m’écœure ça. » Marmonna-t-il. « Les gamins pourris gâtés qui ont une place bien au chaud dans l’entreprise de papa alors qu’ils foutent rien. »

Lentement, Guenièvre se tourna vers lui. Le sourire poli qu’elle lui avait adressé n’était plus qu’un lointain souvenir. Une seconde, elle le toisa et se retourna vers ses moniteurs.

Arthur se racla la gorge. Alors ce devait être une de ses entreprises où on ne critiquait pas le fils du patron. Pourtant, il s’imaginait le groupe assez important pour ne pas se préoccuper d’une telle chose.

Il retourna à sa place sans un mot et manipula à nouveau le logiciel, Excalibur. Il le connaissait bien. Il zyeuta la liste des employés en recherche de noms connus. Il y en avait à la pelle, Du Lac, De Gaunes, D’Orcanie, le gratin réuni au siège de Carmélide Assurances. Les bureaux centralisaient toutes les branches nationales ainsi que les entreprises du groupe aux activités diverses et variées. 

Il n’eut le temps de parcourir qu’une moitié de la liste d’employés avant d’être distrait par un bruit provenant de l’autre côté de la pièce.

Guenièvre avait enfilé son manteau, remballé ses dossiers et son ordinateur portable qu’elle avait entassés dans un sac assez usé pour avoir perdu sa forme. Il était éventré tant il était rempli.

« Vous allez où ? » Questionna-t-il.

Elle ne répondit pas, à vrai dire, elle ne lui offrit pas même un regard avant de quitter le bureau qu’ils ne partageaient que depuis une demi-heure. Cinq minutes plus tard, une Peugeot 207 rouge à la peinture passée quitta le parking avec un bruit de moteur sifflant. Guenièvre s’éloignait du siège et laissait derrière elle un épais nuage de fumée grise.

La cohabitation ne serait de tout repos si sa collègue était si susceptible et sensible. Il ne comprenait pourtant pas une telle réaction, elle aussi s’était agacée du comportement d’Yvain.

Gérard arriva enfin accompagné d’un autre, il s’agissait d’un homme âgé et bedonnant qui convoitait le poste de directeur financier comme une pâtisserie fraiche. Le plus jeune s’imaginait qu’il n’aurait pas été débauché et engagé si cet employé de longue date avait pu convenir au rôle alors il ne s’en formalisa pas.

C’était bien son unique objectif dans cette entreprise, la plus prestigieuse de la région, l’évolution. Le groupe Carmélide était révéré, réputé, comme un Bouygues ou un Lactalis mais juste un peu moins avide de pouvoir. Ce qui intéressait la famille, c’était l’argent, encore et toujours.

Arthur ne leur en voulait pas. L’argent, c’était le nerf de la guerre, surtout lorsqu’on n’en avait pas alors il serait à sa place parmi les requins, habillé de son armure Pendragon. Son nom de famille impressionnait lorsqu’on ne connaissait rien d’autre. S’il ne profitait pas de ses contacts et de sa fortune, pourtant bien plus maigre que celle des De Carmélide, Arthur jouissait au moins de sa renommée tâchée de scandale.

Il en était ainsi lorsqu’on était le fils bâtard né d’une maîtresse, l’épouse d’un associé. A sa mort, Uther ne lui avait rien laissé, rien d’autre que son nom. Ygerne aussi avait préféré s’éloigner alors c’est en famille d’accueil qu’il avait grandi. Il fallait dire qu’après le suicide de son mari légitime coupable d’avoir assassiné son père à lui, le fruit de son aventure n’était plus intéressant.

Pourtant, elle était alléchante, cette vie qu’il aurait dû avoir, celle d’héritier baignant dans les opportunités, cette vie simple et douce. Aurait-il dû se battre autant ? Se vendre juste pour avoir sa chance ? Charmer la fille du bon patron, celle du bon investisseur, celle du bon propriétaire… C’était un jeu facile, un jeu qu’il connaissait.

Le sort était cruel : même s’il avait réussi, même s’il faisait partie de ces un pourcent de français les plus aisés, ils les voyaient, les autres, ceux qui ne laissaient que des miettes, l’illusion de l’égalité des chances.

Avec le temps, il se sentait presque assez à l’aise pour croire qu’il y avait sa place, dans le milieu sélect des Grandes Familles de France. Il les côtoyait, les suivait, les émulait. Un jour, il était décidé, il n’aurait plus à faire semblant. Déjà, il atterrissait là, à un poste de confiance grâce à la recommandation de Loth, ami des Carmélide, rencontré par hasard à l’anniversaire d’une conquête de choix. Ils étaient de la même famille, avait décidé l’homme alors il l’avait aidé, même si sa femme détestait son demi-frère.

Arthur quitta le siège de l’entreprise à dix-huit heures trente ce vendredi au lieu des dix-huit heures de son contrat. Il s’assura de croiser Léodagan de Carmélide, le président directeur général du groupe De Carmélide qui ne lui accorda pas un regard. Ce dernier marcha jusqu’à la berline noire aux vitres teintées qui l’attendait sur le parking et n’offrit pas plus de politesse à son chauffeur qui lui ouvrait la porte arrière.

Il arriva à cet appartement meublé qui devait être une solution de logement temporaire. Arthur avait quitté sa précédente entreprise avec hâte lorsque les Carmélide avaient mordu à l’hameçon de son ambition alors il avait dû se loger en urgence.

Ce n’était pas insalubre mais les cartons de ses affaires essentielles s’empilaient dans l’espace déjà réduit. Agacé, il s’enfuit vite jusqu’au bar le plus proche. Il enchainerait restaurant et pub et boîte avant de retrouver l’inconfort de son lit, tout pour se distraire. Puis bien vite, le réveil sonnerait. Lundi, une nouvelle journée.


La Peugeot 207 rouge de Guenièvre était déjà garée lorsqu’il atteignit le parking du siège. Ses pneus étaient presque lisses et ses freins bien rouillés. Pourtant, son salaire devait être suffisant pour lui permettre d’en acheter une nouvelle. Les experts comptables spécialisés en fiscalité manquaient rarement de ressources. Et puis, il l’imaginait difficilement dépenser son argent dans les vêtements ou la fête. Ce n’était simplement pas son style.

Il la salua en entrant dans le bureau qu’ils partageaient, un peu mal à l’aise. Il marchait sur des œufs, encore, après son étrange réaction du vendredi.

« Écoute… » Il se reprit. « Écoutez, Guenièvre. Si j’ai dit quelque chose pour vous offenser la dernière fois, c’était pas mon intention. »

« Non, c’est rien. » Répondit-elle doucement. Elle balaya ses remords intéressés d’un geste de la main.

« Ah bon ? » S’étonna-t-il.

« Oui, c’est pas votre faute. »

« C’est pas à cause de ce que j’ai dit que vous êtes partie ? »

« Si… Mais j’étais à fleurs de peau, c’était le début du Carême et c’est dur d’arrêter les sucreries et le café. » Elle fronça le nez, embarrassée.

« Ah… » Il n’aurait pas dû s’en étonner. Ça collait au personnage, un autre cardigan de vieille fille, le portrait du chat, le carême. « Je vois. »

« Pardonnez-moi, j’essayerai de me contrôler à l’avenir. »

« Non mais… C’est pas… C’est pas grave. » Il prit place à son bureau. « Moi, je veux pas causer de problèmes avec la direction. » Il voulait limiter les dégâts, l’empêcher d’en parler au Directeur des Ressources Humaines qui semblait sous son charme sans qu’Arthur n’en comprenne la raison.

« Je fais beaucoup de télétravail, ça les dérange pas. »

« Ah… » Il hocha les sourcils, piqué. « Ça vaut pour tout le monde ? »

« Pas tout le monde… Les dossiers sont assez sensibles en compta donc ils ne laissent que les gens… dignes de confiance. » Elle ajouta rapidement. « Non pas que vous ne le soyez pas, c’est juste qu’on vous connait pas. »

« Je vois. » Dit-il. « Nos missions se croisent ou pas du tout ? »

« Non, vous vous occupez de la fiscalité de la compagnie d’assurances, moi je m’occupe de celle du holding. » Expliqua Guenièvre.

« Ah quand même. » Il était surpris, bien sûr, que de telles responsabilités reposent sur des épaules vêtues d’un cardigan en laine à motif fleuri. Elle semblait si maladroite et peu assurée.

« Vous êtes bien avec la direction ? » Questionna-t-il.

Interloquée, elle roula sa chaise pour que ses deux moniteurs ne la cachent plus d’Arthur. « Quoi ? »

« Bah je sais pas… » Il se racla la gorge. Un éléphant dans un magasin de porcelaine. « Ça fait combien de temps que vous travaillez ici ? »

« Depuis la fin de mes études. » Elle lui répondait les sourcils froncés, méfiante, encore.

Une douzaine d’années, alors, ils devaient avoir le même âge. « Mais vous avez jamais voulu évoluer ? »

« Pour quoi faire ? »

Il hocha les épaules. « Ça vous tente pas ? »

« C’est une façon de me demander si je veux le poste de directeur financier ? » S’enquit-elle en plissant les yeux.

Pris la main dans le sac. « Peut-être. » A quoi bon mentir ?

« Il m’intéresse pas. C’est pas moi votre compétition. » Déclara-t-elle simplement. L’ambition ne devait pas la gêner, ni la mise au point d’une stratégie.

« C’est qui, ma compétition ? »

Elle le toisa et rétorqua. « Tous les gamins pourris gâtés des amis de la famille Carmélide. » Puis elle baissa les yeux et retourna à ses moniteurs. « Désolée, vous voyez, je suis encore agressive sans raison. »

Arthur fixa, confus, l’espace qu’elle venait de libérer. Sautes d’humeur mises à part, Guenièvre pouvait être une source d’information intéressante. Elle semblait gentille et un peu naïve, juste ce qu’il lui fallait.

Il passa une journée typique du siège du groupe Carmélide : une autre arrivée en fanfare d’Yvain, cette fois dans une Mercedes Class G noire matte, une dispute de Séli et Léodagan au milieu de l’open-space face à laquelle aucun employé ne cilla, et enfin, un départ en milieu d’après-midi de Guenièvre qui n’offrit aucune explication et enfuma encore le parking avec sa voiture.

Bien vite, il s’y habituerait. C’était son quotidien désormais. Boulot, appartement trop petit, fête le weekend.

« J’en peux plus, je cherche un appart’ mais tout part à une vitesse folle et je suis officiellement en période d’essai donc mon dossier n’est prioritaire nulle part. » Grommela Arthur. Dans cette ville, il n’avait pas ses connexions de Lyon. Personne pour le faire passer en priorité, lui éviter une file d’attente.

Il avait pris cette habitude après une semaine, il se plaignait et Guenièvre écoutait. C’était presque agréable lorsqu’elle n’essayait pas de relancer la conversation sur ses soirées ennuyeuses à mourir et ses passetemps idiots.

« Vous êtes salarié ? » S’étonna cette dernière.

« Bah oui, vous êtes quoi, vous ? »

« Moi, je facture. »

« On m’a proposé un contrat très bien rémunéré, j’ai pas tergiversé. »

« Vous cherchez quoi ? » Questionna-t-elle. « Comme logement ? »

« Un appartement, un balcon, au moins trois pièces, quatre, ce serait mieux. »

Il regrettait sa maison en périphérie de Lyon qu’il avait laissée derrière lui pour travailler chez les Carmélide. Ses locataires en profitaient alors qu’il vivait dans son misérable appartement.

« Vous cherchez à acheter ? »

« Non, je viens d’arriver, j’ai pas l’intention de me poser tout de suite. » Il ne connaissait pas assez la ville et ses alentours pour choisir intelligemment un bien.

« Si vous voulez, il y a un T4 qui se libère dans mon immeuble. » Offrit Guenièvre.

« On serait voisins ? » Il fronça les sourcils de contrariété. « Parce que, déjà on partage un bureau, enfin… » Arthur se racla la gorge de peur d’offenser sa collègue en manque de sucre et de café. Sa présence au siège, il pouvait la tolérer mais dans sa vie personnelle, non. Guenièvre n’était pas une personne qu’il souhaitait côtoyer. « Je veux pas vous offenser mais… »

« J’habite pas de ce côté-là, vous me verriez pas. » Rétorqua-t-elle. « Il est spacieux, cuisine équipée, hauts plafonds, moulures et tout ça. »

Il se racla la gorge. « Écoutez, je veux bien le contact. »

« Je vais vous donner le numéro du concierge, je le préviendrai de votre appel. » De mémoire, elle griffonna son nom sur un morceau de papier qu’elle lui tendit.

« Bah… Merci. » Il sourit faiblement.

Le Graal, enfin, la perspective d’un appartement plus spacieux que son ancienne buanderie.