Work Text:
Je l'aime... À la folie ?
C'était un autre soir à Gotham. Batman était, comme à son habitude, de sortie. On avait l'impression que cette ville était une sorte de deuxième New York, le genre de ville qui ne dort jamais. Malgré tout, il y avait une sorte de tranquillité commune à chaque nuit qui n'était pas présente de jour. Une atmosphère plus… Calme, silencieuse, plus apaisante… Seul un être comme Batman pouvait penser une chose pareille d'une nuit à Gotham.
Car oui, ici les nuits étaient tout sauf tranquilles. La nuit était le moment préféré des divers criminels que comptait la ville pour semer le chaos. C'est d'ailleurs pour cela que le justicier masqué était une nouvelle fois debout si tard le soir : Pour les arrêter. Surplombant la ville depuis le toit d'un gratte-ciel, celui-ci observait la ville lumineuse et, d'apparence tranquille, de Gotham. Les nuits ici étaient toutes synonyme de danger, de risques pour sa vie, et ce malgré la présence de justiciers tels que Batman. La nuit n'était évidemment pas le seul moment où la criminalité s'activait, bien au contraire. Mais les criminels de la ville semblaient toujours plus actifs de nuit, que ce soit par envie d'emmerder les gens autant que possible, ou pour leur propre commodité, ça, personne ne le saura jamais.
Le justicier sur le thème des chauves-souris était donc de sortie cette nuit-là. Tout comme la précédente, et celle d'avant, puis celle d'encore avant… À ce stade, lui-même avait perdu le compte du nombre de nuit qu'il avait passé en tant que Batman récemment. Quand était la dernière fois qu'il avait dormi une nuit complète ? Difficile à dire. Alfred serait probablement en mesure de le lui dire ce soir, pour lui réprimander sa négligence envers son sommeil et sa propre santé. Il aurait probablement raison, mais ça n'allait pas l'arrêter pour autant. Le crime ne dort jamais à ce qu'on dit, eh bien dans ce cas, Batman ne dormira jamais non plus. Même si cela impactait la vie de Bruce Wayne, cela en valait la peine. Pour que Gotham devienne une ville plus sûre pour tous, débarrassée de tous les psychopathes se croyant sur leur terrain de jeu personnel.
En parlant de psychopathe…
Batman guettait ce soir, profitant du calme de la nuit tant qu'il durait. Il appréciait les nuits calmes que pouvait offrir Gotham quand aucun criminel ne décidait de sortir jouer. Mais il savait que ça n'allait probablement pas durer. Cela faisait maintenant quelques jours que le Joker s'était encore échappé de l'hôpital d'Arkham. Le justicier savait que ce n'était qu'une question de temps avant que celui-ci ne frappe à nouveau, comme à chacune de ses évasions. Il allait sûrement surgir d'un moment à l'autre avec une fusillade ou en faisant exploser un autre bâtiment avec l'une de ses bombes. C'est pour cela qu'il était sorti, pour surveiller l'arrivée du clown.
Il n'est resté qu'à peine une semaine à Arkham cette fois-ci. Il avait l'impression que peu importe combien de projet d'amélioration de cet hôpital étaient fait, aucune de ses idées ne pouvait empêcher le Joker de s'en échapper. Cela rendait le héros fou. Comment pouvait-il espérer arrêter ce fou s'il s'échappait à chaque fois à peine enfermé ? Il avait l'impression de tourner en rond depuis des années avec cet homme. Il l'arrêtait quand celui-ci se lançait dans l'une de ses folies meurtrières, l'emmenait à Arkham et recommençait tout le processus la semaine suivante avec de plus en plus de victimes. Il ne savait plus quoi faire, mais ce n'était pas la seule chose qui perturbait l'homme chauve-souris. C'était autre chose. Autre chose qui durait aussi depuis des années et qui était aussi en rapport avec le clown meurtrier. Et l'homme sous le masque de Batman s'en rendait de plus en plus compte au fil du temps.
Cela avait commencé il y a longtemps. Au début, il s'était rendu compte que le Joker avait quelque chose en plus que les autres criminels auquel il avait à faire. Chacun d'entre eux était unique à sa façon : Le Pingouin, Enygma, Poison Ivy… Mais le Joker était différent. Plus… Vivant. Il arrivait toujours à surprendre Batman, même dans ses plans les plus communs et répétitifs. Il donnait du sens à leur combat, donnant une envie de se battre que Batman ne ressentait pas avec les autres. Il y avait quelque chose d'exaltant dans leur façon d'être ensemble. Quelque chose qui faisait bouillir le sang de Bruce, battre son cœur plus vite, lui donner la sensation d'être… Vivant. Réel. C'était quelque chose d'inexplicable, que lui-même avait l'impression qu'il ne comprendrait jamais. Et pourtant c'était bien là. Chaque combat avec le clown aux cheveux verts était quelque chose d'unique et de fort, même pour les plus courts. À l'époque, il pensait ne ressentir qu'une forte rage. Le Joker était, après tout, le criminel le plus meurtrier de la ville. Il avait fait des choses monstrueuses, inhumaines, au-delà de toute rédemption. Il provoque Batman sans cesse, que ce soit avec ses idées tordues ou ses moqueries, il sait où viser pour énerver le plus l'homme chauve-souris, et celui-ci en avait bien conscience. Le fou semblait apprécier énerver Batman, que celui-ci ne retienne plus ses coups et lui fasse mal jusqu'à lui briser les os et faire couler son sang sur le bitume et ses beaux costumes. Il éprouvait un plaisir malsain à souffrir aux mains de Batman, un plaisir allant presque au-delà du simple masochisme à pousser à bout le justicier, à faire ressortir cette partie sombre que le héros garde si profondément enfoui sous sa morale si précieusement gardée. Mais ce qui énervait le plus l'homme masqué était les multiples déclarations du fou.
Au fils des ans, celui-ci a été de plus en plus insistant sur ses soi-disant « sentiments » pour Batman, allant même jusqu'à proclamer son « amour » et sa possessivité pour le justicier de Gotham. Ses derniers temps, presque chacune de leurs interactions était rythmée par ce genre de déclarations. Il avait exprimé à plusieurs reprises le soi-disant « lien » qu'ils partageaient, que seuls eux deux importaient, qu'ils étaient des Némésis destinés à être ensemble pour toujours, qu'ils avaient besoin l'un de l'autre. C'est ce qui énervait le plus Batman. Il n'avait pas BESOIN d'un psychopathe tel que lui dans sa vie, il se porterait même bien mieux sans lui !
C'est ce dont il essayait de se convaincre.
Ce qui énervait le plus Batman n'était pas d'entendre le Joker évoquer leurs besoins l'un de l'autre, c'était sa véracité.
On dit que seule la vérité peut blesser, on dirait que cela est vrai aussi.
Le justicier avait beau le nier encore et encore, au fond de lui, il savait que le Joker avait raison. Et la seule pensée que ce fou puisse avoir raison… Le rendait justement fou. Comment pouvait-il avoir besoin du Joker dans sa vie ? À quel point devait-il être malade pour ressentir ce besoin de se battre et d'être en présence d'un meurtrier tel que lui ? Peut-être devrait-il se faire interner à Arkham pour empêcher que plus d'idées folles ne lui montent à la tête…
Et pourtant le voici, attendant que le fou daigne signaler sa présence. Les différents criminels qu'il avait dû arrêter avant que le Joker ne s'échappe d'Arkham ne l'avaient pas vraiment stimulé. Aucun d'eux ne semblaient importants ou même intéressants. Les combats étaient ennuyeux et presque trop faciles, ils ne représentaient presque rien pour Batman. Seul le Joker savait stimuler le justicier et rendre leurs combats intéressant, même si Bruce avaient honte de l'admettre. Il y avait des vies en jeu, des innocents en danger, près de se faire tuer ou torturer ! Mais une fois près du Joker, c'est comme si ses vies importaient peu. Seul lui et le fou aux cheveux verts comptaient. Cela ne le faisait que se sentir encore plus monstrueux. Comment pouvait-il simplement ignorer les gens qu'il avait juré de protéger pour jouer le jeu d'un homme fou à lier ? Il n'avait encore aucune réponse à cette question. Alors il continuait de nier, de repousser ses émotions si particulières sous le masque de Batman, pour le bien de Gotham et pour le sien. Malgré tout, cela ne l'empêchait pas d'être presque impatient que le Joker revienne. Sans adversaire vraiment intéressant, le clown lui avait en réalité manqué. Lui et leurs combats. Son humour, son rire, même sa violence et ses moqueries lui manquaient. Vraiment, Bruce ne se comprenait pas du tout. Mais depuis quand quoi que ce soit de relié au Joker était-il logique ?
Alors oui, le Joker lui a manqué et il avait hâte de le revoir. Mais cela ne changeait rien à son devoir ni aux actes horribles qu'avait commis le criminel. Le mieux à faire restait de réprimer ses étranges sentiments et d'arrêter à nouveau le clown la prochaine fois qu'il le verrait, en ignorant ses habituels diatribes sur son amour inconditionnel pour le justicier chauve-souris. Il ne pouvait pas se permettre de faire autrement.
Ce fut vers 2 heures du matin que Bruce entendit une première détonation.
Cette fois ça y est, le clown était de sortie.
De la fumée pouvait être vue au loin, s'élevant dans le ciel de Gotham. Elle provenait d'un bâtiment vers le nord de la ville, celui qui venait justement d'exploser. Le justicier ne perdit pas une minute avant de s'élancer vers celui-ci en sautant de toit en toit. Il aurait très bien pu prendre la Batmobile pour y aller, elle n'était pas garée bien loin après tout. Mais le bâtiment n'était pas si éloigné et parfaitement accessible sans. Ce fut donc très rapidement que Batman atteint le bâtiment à moitié effondré et en feu. Utilisant les capteurs de son masque, il constate avec surprise l'absence de personne dans le dit bâtiment.
L'immeuble était vide. Comment était-ce possible ? Pourquoi faire exploser un bâtiment vide ?
- Te voilà enfin Batsy, je t'attendais moi. ~
La voix qu'il entendit derrière lui le fit presque se figer. Après autant d'années, il pouvait reconnaître cette voix entre mille. Sans parler du surnom. Cette voix si joyeuse dont on pouvait même entendre le sourire de la personne…
C'était sans aucun doute le Joker.
- Bah alors, on ne dit même pas bonjour ? Tu es toujours d'une telle impolitesse, c'est affligeant !
En se retournant vers la voix, Batman put enfin voir le criminel face à lui. Le Joker était là, dans toute sa gloire habituelle, vêtu d'un de ses costumes violets préférés. Un pantalon violet à rayure avec une chemise orange criarde sous un veston vert et une veste de costume violette assorti au pantalon, avec un nœud vert à son col et de simples chaussures de costume noir. La tenue en elle-même pouvait paraître ridicule ou trop criarde sur n'importe qui, mais le Joker la portait à merveille. Elle faisait ressortir sa peau blanche comme la craie et ses cheveux verts, du même vert que son veston, mais surtout le même vert que ses yeux. Sans oublier qu'elle épousait parfaitement le corps maigre du fou, son pantalon moulant ses fesses et ses jambes, et son veston ne faisant que mettre en évidence sa taille fine. Le maquillage et la coiffure du clown étaient eux aussi impeccables, avec ses cheveux coiffés en arrière sans un seul petit épi et son rouge à lèvre rouge sang élargissant son sourire jusque sur ses joues. Le maquillage noir sur ses yeux était presque imperceptible, mais faisait ressortir ses yeux verts encore plus. S'il y avait une chose qu'on ne pouvait reprocher au Joker, c'était son sens de la mode. Malgré ses choix de couleurs plus que discutables, celui-ci était une vraie diva et savait s'habiller et se maquiller à la perfection. Il faisait toujours en sorte d'être sur son 31 quand il était de sortie, il ne voulait que le meilleur pour son Batsy !
L'homme chauve-souris était juste heureux que le Joker n'ait pas mis une robe ce soir. Celui-ci avait pris pour habitude d'ignorer la question de genre en ce qui concerne les vêtements. Il s'habillait aussi bien avec des vêtements masculins que féminins. « Les vêtements n'ont pas de genre Batsy ! Et puis regarde comme cette robe me va à ravir, il était hors de question que je passe à côté de porter cette merveille ! » Étaient les paroles exactes du fou la première fois que Batman l'avait vu en robe. Oh il ne mettait pas que des robes ou même des jupes, parfois il s'agissait seulement d'un haut ou d'un pantalon, mais la coupe du vêtement avait l'air plus féminine que masculine. Lorsqu'il portait des robes, le héros se retrouvait à faire errer son regard sur les longues jambes pâles du Joker, parfois recouvertes de bas, jusqu'à ses pieds souvent en chaussure à talon. Comment le fou arrivait à courir sur le genre de talon qu'il portait, ça, il n'arrivait toujours pas à le savoir.
- Je n'ai pas besoin d'être poli avec toi espèce de fou. Pourquoi as-tu fait exploser un bâtiment vide ?
Le justicier gardait son habituel ton froid et dur qu'il avait pour tous les criminels. Il ne pouvait pas être autrement avec eux, il devait rester froid et sévère. Ce n'est pas comme s'il faisait semblant d'être dur ou en colère, la plupart du temps il ne se forçait même pas à cause des actions des dits criminels. Mais avec le Joker, il était parfois plus dur de ne pas adopter un ton plus doux, ou juste moins sévère, et ce malgré combien il pouvait l'enrager.
- Et toujours aussi grincheux à ce que je vois ! Tu devrais être content que je n'ai tué personne pour l'instant, mais non ! Tu cherches toujours la petite bête ! Tu ne veux pas plutôt te concentrer sur autre chose pour une fois ? dit-il en posant ses mains sur ses hanches.
- Comme quoi ? Une autre bombe que tu as posée ? lui répondit le justicier en serrant les poings.
Il se doutait bien que cette explosion n'était pas tout ce qu'avait prévu le Joker. Cela n'avait eu pour but que de l'attirer à lui, il y avait forcément autre chose que le prince du crime avait prévu.
- Mmmh oui et non ! J'ai évidemment posé une autre bombe dans un endroit un peu plus fréquenté, tu me connais ! Mais jouons d'abord à un jeu mon petit Batsy ! Tu m'as terriblement manqué après que tu m'aies enfermé à l'asile tu sais, tu pourrais au moins faire l'effort de me rendre visite de temps en temps !
Le clown croisait les bras sur sa poitrine en faisant la moue comme un enfant déçu auquel on aurait refusé une sucette. Le justicier masqué le trouvait presque mignon comme ça, mais ce n'était pas le moment d'être attendri par le psychopathe.
- Je ne jouerais pas à tes jeux Joker ! Dis-moi où est la bombe !
- Et gâcher tout le plaisir si tôt ? Ha ! Si tu veux vraiment le savoir, il va falloir m'attraper.
Et c'est avec un grand sourire et un éclat de rire que le Joker se mit à courir. Le héros ne devrait pas être étonné, c'était ce qui se produisait la plupart du temps lors de leur rencontre. Il se mit vite à la poursuite du fou, le pourchassant de toit en toit avec le rire du Joker dans les oreilles. Celui-ci avait toujours l'air de s'amuser comme un fou, comme si ce n'était qu'un jeu de chat et de la souris pour lui. C'était en fait très probablement comme ça qu'il le voyait. Et Batman devient de plus en plus ennuyé par cela. Attrapant son grappin, il tira sur le clown aux cheveux verts qui esquiva le premier tir en riant.
- Bah alors Batsy ? On commence à avoir besoin de lunettes pour viser ? Hahaha- Arg !
Le deuxième tir par contre, il ne l'a pas évité. Il avait réussi à clouer le bras du Joker au sol, entraînant tout son corps avec lui. Le justicier rattrapa rapidement le fou qui essayait de sortir de la prise du grappin, sans succès. Il le cloua au sol, sur le ventre, le visage contre le bitume froid du toit. Malgré sa capture, le clown ne cessait de rire et de sourire, ce qui ne fit qu'énerver encore plus le justicier masqué.
- Dis-moi où est la bombe Joker ! Avant que je ne te ramène à Arkham !
Il ne fit qu'appuyer plus fort sur le dos du Joker en y pliant son bras libre. Cela n'eut pour effet que de faire légèrement grogner l'homme sous lui entre ses rires.
- Oooh Batsy, j'aime quand tu es dur avec moi comme ça. ~
L'homme concerné ne fit que grogner d'un air dégouté. Ça aussi il devrait y être habitué. Le clown ne faisait que trop souvent ce genre de remarque déplacée. Avant qu'il ne puisse lui dire de se taire, le criminel sous lui heurtait violemment l'arrière de son crâne contre le visage de Batman. Son masque protégeait son nez et le haut de sa tête de la plupart des dégâts, mais le choc du coup suffit à lui faire légèrement desserrer sa prise sur le psychopathe sous lui. Suffisamment pour lui permettre de se sortir de la prise du justicier plus âgé. Il semblait qu'il avait aussi eu le temps de se défaire du grappin, qui lui avait déchiré la manche de sa veste. Il se remit aussitôt à courir en riant comme s'il venait d'entendre la meilleure blague du siècle. Encore plus énervé, le justicier sur le thème des chauves-souris reprit sa poursuite du fou aux cheveux verts, prêt à le ramener à l'asile d'Arkham. Avec probablement plus que quelques bleus si c'était ainsi que le fou voulait que ça se passe.
Le Joker lui, ne peut pas dire qu'il cherchait vraiment à échapper à Batman. Il s'amusait tellement avec son Batsy, c'était leur jeu rien qu'à eux ! Et il ne voulait jamais que ça se termine, même si la course poursuite n'était pas la meilleure partie, ça non ! C'était toujours amusant de jouer à chat avec sa Némésis, mais le meilleur restait une fois la course terminée. Une fois assez éloigné de Batman mais sans être hors de sa vue, le meurtrier de masse descend par l'escalier de secours du dernier immeuble sur lequel il avait atterri pour continuer la course plus bas. Il pouvait toujours voir l'homme chauve-souris le poursuivre depuis les toits, une ombre noir suivant chacun de ses pas. Il entre alors à la va-vite dans l'un des entrepôts vide de l'extrémité de la ville qu'ils avaient fini par atteindre, espérant gagner du temps et peut-être même perdre Batsy dans le bâtiment pour que la course dure encore plus longtemps. Le justicier ne perdit pas un seul instant pour sauter du toit sur lequel il était perché, brisant la fenêtre de l'entrepôt en allant atterrir directement sur le Joker.
Celui-ci se retrouvait projeté plus loin avec Batman contre lui, le clouant à nouveau au sol, cette fois en face à face. Vite remis du choc, le criminel multirécidiviste n'a pas hésité à donner le premier coup de poing. La droite du Joker n'a pas vraiment surpris Batman, mais l'homme maigre sous lui avait bien plus de force qu'il en avait l'air. Ses coups faisaient toujours bien assez mal comme ça et laissaient des marques qui peuvent parfois rester pendant des semaines entières. C'est dans ces moments-là que Bruce remerciait intérieurement l'inventeur du fond de teint, qui lui a épargné bien des ennuis dans sa vie civile, sans compter que le nombre d'excuses crédibles qu'il pouvait trouver pour l'apparition de bleus suspects sur son visage restait assez limité. Prenant le clown par le col, il reçoit un violent coup de pied de celui-ci dans la cage thoracique avant de pouvoir lui rendre son premier coup, s'éloignant suffisamment du Joker pour qu'il puisse se relever et sortir un couteau d'une des poches intérieures de sa veste. Il reconnaissait le couteau comme étant l'un des favoris du fou, une sorte de couteau de combat ou de poignard au manche violet et or avec un J gravé en or sur le manche. Cette arme avait laissé sa juste part de cicatrice sur le corps de Batman, et le Joker le savait très bien. Il le lui avait enfoncé suffisamment de fois dans sa chair pour que le justicier puisse le reconnaître même sans le voir, juste avec la sensation du couteau s'enfonçant en lui. Étonnement, le clown aux cheveux verts n'avaient jamais visé d'endroit mortel, appart pour le menacer, comme lorsqu'il lui mettait l'arme blanche sous la gorge.
- Viens jouer Batsy, j'attends que ça. ~
Le fou se léchait les lèvres en lui faisant signe de venir vers lui avec deux de ses doigts, un grand sourire fendant son visage.
Il n'avait pas besoin de lui dire deux fois.
Fonçant sur le Joker, un combat sans merci commença alors entre les deux hommes. C'était le résultat de toute leurs interactions, chacune de leur rencontre à l'extérieur d'une salle d'interrogatoire finissaient ainsi : Dans la violence. Les coups de poings et de pieds s'enchaînent de plus en plus vite, le couteau du Joker effleurait dangereusement le peu de peau exposé du justicier masqué et avait déjà coupé celui-ci à plusieurs endroits à travers son costume, là où la lame avait fait plus que simplement effleuré sa peau, mais avait aussi fait couler le sang. Les rires du clown accompagnaient chaque coup, donné comme reçu par celui-ci. Ils s'étaient tous les deux retrouvés projetés à plusieurs reprises contre le sol et les murs, sans jamais arrêter de se battre malgré quelques moments où l'un des deux avait le dessus sur l'autre. L'autre finissait toujours par revenir à la charge et à se remettre sur un pied d'égalité avec son adversaire. Le temps semblait s'être arrêté pour eux, il n'y avait plus que les deux combattants, Batman et Joker, ensemble dans un combat sans fin. Les coups pleuvaient et le sang coulait, sans savoir auquel des deux il appartenait, tachant leur costume respectif. Le nez du Joker saignait, le sang coulant sur ses lèvres maintenant fendues jusqu'à son menton. La couleur se mariait parfaitement avec celle de son rouge à lèvre, donnant l'impression que ses lèvres étaient peintes par son propre sang.
Batman comme Joker pouvait sentir l'euphorie dû au combat. L'adrénaline auquel les deux hommes étaient tellement accros déferlait dans leur corps tel un raz de marée, faisant pulser le sang dans leurs veines et battre leur cœur plus vite. C'était ça qu'ils recherchaient tous les deux. Cette sensation… Ils avaient l'impression de vivre, de respirer pour la première fois. Chaque coup reçu ou donné les faisait se sentir réel, la douleur leur servant de point d'accroche à ce sentiment. C'était comme si le reste de leur vie n'était rien, qu'un état de stase ou de sommeil profond dans lequel ils étaient plongés jusqu'à atteindre ce moment, que seuls eux deux pouvaient atteindre, ensemble. Leurs combats étaient comme une danse dont seuls eux connaissaient les pas, et toujours chorégraphiés à la perfection. C'était libérateur. Un défouloir aussi bien pour l'un que pour l'autre. Le Joker pour laisser libre cours au chaos et à la violence qu'il aimait temps, et un moyen pour Bruce de laisser parler son côté sombre. Et ça, le clown le savait très bien. Que ce soit en tant que Bruce Wayne ou en tant que Batman, ce côté de lui devait toujours rester caché, sous un masque qu'il ne pouvait jamais enlever, créé par sa morale et ce que la société attendait de lui. Avec le Joker, il pouvait se permettre de moins retenir ses coups et sa colère et d'enfin laisser parler cette partie de lui si profondément enfouie. Cela pourrait presque paraître sain vu comme ça. Presque.
- J'ai l'impression que tu te ramollis Bats ! Est-ce parce que je n'ai encore tué personne aujourd'hui ? Peut-être que je devrais faire exploser cette bombe maintenant, pour te motiver un peu plu-
Le justicier ne le laissait même pas finir sa phrase avant de prendre le Joker par la gorge et de le plaquer contre le mur derrière lui. Sa main libre tordit le poignet droit du fou assez fort pour lui faire lâcher son couteau, tandis que sa main gauche alla par réflexe s'accrocher au poignet droit de Bruce. Le héros masqué savait exactement comment appuyer sur la trachée du criminel pour bloquer l'arrivée d'air, complètement ou pas. Il suffirait d'un peu plus de force pour écraser sa trachée et tuer l'homme, juste en appuyant un peu plus…
Il refusait d'admettre y avoir déjà pensé.
Avoir le Joker aussi près de lui était toujours une épreuve à elle seule. Il se retrouvait presque collé au clown, cette fois, en face à face. Il pouvait sentir son eau de Cologne chère mélangée à une odeur de poudre à canon et de sang. Ses cheveux n'étaient plus aussi bien coiffés qu'auparavant, avec du sang tachant certaines de ses mèches vertes. Son maquillage avait aussi légèrement coulé au cours de leur combat, et le tout lui donnait un air plus sauvage et plus fou qu'il ne l'était précédemment. L'homme chauve-souris n'arrivait jamais à déterminer si la chaleur qu'il ressentait dans son corps chaque fois qu'il était aussi proche du fou était seulement due à l'adrénaline et aux autres émotions du combat… Ou si c'était quelque chose de plus.
Les yeux verts fixant les siens à travers les lentilles de son masque n'aidaient certainement pas à calmer cette sensation.
- Plus fort Batsy, serre encore… ~
Le Joker gémit en gardant ses yeux verts, quoique embrumés, plongés dans les yeux du justicier masqué. Celui-ci ne pouvait techniquement pas voir ses yeux avec les lentilles blanches du masque, mais ça ne l'empêchait pas d'imaginer les yeux de sa chauve-souris le regarder en retour. Oh, il pouvait imaginer toute la rage et le dégoût du héros qu'il verrait dans ses beaux yeux, cela lui donnait des frissons. Presque autant que la main serrant actuellement sa gorge. Il ne niait absolument pas son excitation face à la situation, bien au contraire. Il était dur sous son pantalon presque depuis le début du combat.
Ce n'était pas non plus un développement récent pour lui, c'était comme ça presque à chacune de leurs confrontations. Leurs combats avaient toujours eu une atmosphère homoérotique, avec une tension sexuelle crevant le plafond. En tout cas, pour le Joker. Il associait chaque mouvement, chaque coup, chaque pression à un acte romantique et/ou sexuel. Là où Batman décidait de nier et de refouler, le clown, lui, assumait pleinement et voulait que son partenaire fasse de même. Il en avait un peu marre que sa Némésis ferme volontairement les yeux sur ce qui se passait entre eux, sur la véritable nature de leur relation. C'est bien beau de toujours le regarder avec son air dégoûté comme s'il était le pire des dépravés, mais il savait très bien que Batman ressentait la même chose que lui, il le savait depuis bien plus longtemps que le justicier lui-même ! Il le voyait tout le temps, dans les petits détails que le héros masqué cherchait toujours à cacher. Les touches légèrement trop longues, les regards un peu trop insistants, sa respiration plus lourde qui n'était certainement pas due à une quelconque fatigue, ou encore les légers frissons qu'il remarquait parfois lorsque lui touchait l'homme chauve-souris. C'était parfois tellement minime qu'il pensait avoir rêvé, mais c'était bien là. Tous ces petits détails si minuscules que même Batman ne s'en rendait pas compte. Lui, il les avait remarqués, et il était temps de sortir l'homme face à lui de son déni. Il n'allait sûrement pas en ressortir complètement indemne, mais ce ne serait certainement pas pour lui déplaire. ~
Alors il fit ce que n'importe quel clown suicidaire et très excité aurait fait.
Il avança ses hanches et se frotta contre Batman.
Lui ? Désespéré ? Totalement. Et puis, ça devenait vraiment trop serré sous ce pantalon, il avait besoin de cette friction. Et quoi de mieux que l'entrejambe du costume de sa Némésis pour cela ? Même si l'armure de l'autre était probablement trop épaisse pour que celui-ci sente quoi que ce soit, ça lui allait. La friction contre l'armure, même à travers son pantalon, lui provoqua un soupir de plaisir, qui n'échappa pas à l'homme masqué qui l'étranglait encore. Certes, celui-ci ne sentait pas l'érection du Joker grâce à son armure, mais il remarqua comment celui-ci s'était frotté contre lui. Il sentit le mouvement, la pression, et il savait pertinemment ce que le clown faisait. Mince, il pouvait sentir son sang aller vers le sud lui aussi. Non, il n'allait pas se laisser exciter par ce dégénéré ! Il ne pouvait pas se le permettre !
- Bon sang Joker, arrête ça !
Oh, comme il adorait entendre son Batsy grogner et crier comme ça. Sa voix grave lui donnait toujours des frissons, surtout quand il était aussi énervé. Ça ne lui donnait qu'encore plus envie de continuer, tiens, alors c'est ce qu'il fit. S'il continuait comme ça avec Batman l'étranglant et lui criant dessus, eh bien… Disons qu'il risquait de vite salir ses sous-vêtements. Il ne lui fallait vraiment pas grand-chose avec son Batman, que voulez-vous ? Et il n'en avait certainement pas honte. Même s'il passait pour une vraie salope.
Alors que le Joker continuait de se frotter contre lui, le cerveau de Bruce Wayne lui semblait actuellement sur pause. Il sentait sa raison se faire la malle tandis que son sexe se dressait sous ses vêtements et son armure. Les mouvements de hanches, les soupirs et les gémissements du Joker le rendaient fou.
Sa prise se resserra inconsciemment sur la gorge de son « ennemi », qui, plutôt que de résister, ne fit qu'amplifier ses mouvements de hanches contre le chevalier noir. Ses yeux verts semblaient se voiler, que ce soit dû au plaisir ou au manque d'oxygène, ça, personne ne pouvait le dire. Mais pour avoir déjà étranglé le fou, Bruce savait très bien que ce n'était pas pour la deuxième raison.
Le Joker, lui, aurait bien voulu parler, mais se retrouva en difficulté face à la pression sur sa trachée. Lui qui se retrouvait rarement à la fermer, ça lui faisait toujours tout drôle d'être empêché de parler comme ça ! Il pouvait encore respirer pour l'instant, même si l'air lui était un peu plus limité. N'importe qui aurait paniqué en étant étranglé comme ça, encore plus en sentant sa Némésis resserrer sa prise, mais pas le fou. Son Batsy ne pourrait jamais lui faire de mal, enfin, jamais mortellement ou de quoi l'handicaper à vie. C'était aussi cette morale si bien ancrée qui l'attirait étrangement vers le justicier. Il rêvait de la faire voler en éclats, de le faire franchir ses limites… Mais d'un autre côté, ce sens moral ne lui donnait que plus de respect envers l'homme chauve-souris devant lui. Une contradiction que seul quelqu'un comme le Joker pouvait avoir.
Le fou aux cheveux verts n'a donc pas paniqué, bien au contraire. Il a laissé le justicier faire, sans se débattre, sans chercher à se libérer de sa poigne, et a plutôt continué son petit manège, sans quitter des yeux les lentilles du masque de Batman.
Le chevalier noir était d'ailleurs toujours en plein débat interne. Tiraillé entre sa colère habituelle et son étrange attirance pour l'homme en face de lui. Enfin, parler de colère semble de plus en plus exagéré. Il savait qu'il devrait être en colère, qu'il devrait être dégoûté, crier, frapper l'homme et le ramener à Arkham. Mais justement, il n'était pas en colère, et il n'avait plus non plus envie de frapper ou de crier. Et il se détestait pour cela. Il se dégoûtait de ne pas haïr ce criminel, et d'au contraire avoir ces étranges sentiments pour lui. Le peu de colère qui lui restait s'évapora donc bien vite, cette fois complètement remplacé par ce dégoût de soi. Au point que, pour la première fois, Batman cessa de se battre.
Il lâcha donc la gorge et le bras du Joker et s'éloigna de lui.
Pas de beaucoup, seul un pas les séparait maintenant. Plus de contact physique, plus de proximité intime, seul un silence uniquement comblé par le son du Joker reprenant son souffle.
Celui-ci était d'ailleurs assez perdu désormais.
Il regardait le justicier d'un air confus. Batman semblait s'être calmé, il semblait… Comme résigné ? Non, il avait toujours cette petite grimace de dégoût, mais elle n'était plus vraiment dirigée vers lui maintenant. Quelque chose avait changé, comme un déclic soudain. La tension dans l'air fut remplacée par quelque chose de plus calme et l'adrénaline du combat commençait à s'estomper. Enfin, pas complètement. Le prince du crime était d'ailleurs assez frustré du manque de contact contre son érection toujours emprisonnée dans son pantalon. Son excitation, elle, ne s'estomperait pas comme ça, mais on dirait que ça allait devoir attendre un peu.
- Bats ?
Le son de la voix du Joker brisa le silence légèrement pesant qui s'était installé. Batman ne regardait même plus le criminel, seulement le sol.
- Est-ce qu'il y a vraiment une autre bombe, Joker ? Ou est-ce que tout cela est juste pour ton propre amusement ? grogna l'homme chauve-souris.
Cela ne fit qu'accentuer la confusion du fou aux cheveux verts. Batman n'avait jamais questionné leurs jeux auparavant, il ne les avait jamais arrêtés non plus.
- Batsy, de quoi tu parles ? Qu'est-ce qui te prend d'un seul coup ?
- Il me prend que j'en ai assez, Joker. Je ne veux plus jouer à tes jeux ! Pourquoi ne peux-tu pas être normal et arrêter ça ?!
Le Joker voulut rétorquer, mais s'abstint à la dernière minute. Il se passait quelque chose avec son Batsy, quelque chose d'important. Ce n'était pas un ras-le-bol soudain. Il s'était passé quelque chose pendant leur moment de proximité, il avait senti le changement, quelque chose dans l'être même de sa Némésis avait changé. Il allait devoir réfléchir à ses paroles et s'empêcher de commettre la moindre erreur.
- Il y a autre chose. On se connaît depuis assez longtemps, toi et moi, pour savoir que tu n'es pas tout à fait honnête, Batsy.
Malgré le ton toujours assez enjoué du Joker, Bruce fut un peu surpris par le sérieux de ses paroles.
- Tu ne me connais pas, clown. Tu n'es qu'un criminel que je dois faire enfermer, comme tous les autres…
Cette fois, ce fut au Joker d'être pris par surprise par le ton de son ennemi. Il n'était pas aussi véhément, dur ou sûr de lui que d'habitude en disant cela.
- Et c'est là que je sais que tu mens. Tu es ma Némésis, toi et moi, on est bien plus que toutes ces petites frappes de bas étage que tu arrêtes tous les quatre matins ! Tu le sais aussi bien que moi !
- Par pitié, arrête avec ça ! Il n'y a pas de « nous », Joker ! Il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais !
Aïe. Même s'il savait que ces mots étaient faux, entendre Batman les dire lui faisait toujours un peu mal. Mais cette fois-ci, la voix de l'homme semblait plus fébrile en les prononçant.
- Je n'ai jamais dit le mot « nous », Batsy, mais tu te trompes.
Se détachant du mur contre lequel il était encore appuyé, le Joker fit un pas qui le rapprocha de nouveau de sa fameuse Némésis, satisfait de voir que celui-ci ne reculait pas face à lui.
- Il n'y aurait pas de Joker sans Batman, et je pense que tu t'ennuierais énormément si je n'étais plus là, chéri.
« Chéri ». Ce mot semblait si naturel pour parler de son Batman. Il l'utilisait rarement pour lui parler, préférant utiliser le fameux surnom « Batsy ». « Chéri » lui paraissait toujours un peu plus intime, c'était en partie pour cela qu'il avait tendance à l'utiliser sur le ton de l'humour ou du charme. Mais maintenant, il était accompagné d'un ton plus doux, qu'il utilisait rarement.
Bruce, lui, restait silencieux, incapable de répondre. Son cœur battait la chamade sous sa peau, et cette fois, il ne pouvait pas le mettre sur le compte d'un quelconque combat. Le Joker n'était plus qu'à quelques misérables centimètres de lui, ses yeux fixant les siens avec une expression bien plus calme, sérieuse, et surtout bien plus douce qu'il ne l'en pensait capable.
Il semblait plus… Humain.
Ses paroles résonnaient dans sa tête. Il ne trouva pas les mots pour lui répondre, rien pour contredire ses dires, aucun mensonge, aucun débat, seulement le silence. Parce qu'il sentait la véracité de ses mots dans tout son être. Mais son esprit luttait encore et toujours contre cette vérité.
- On ne peut pas, Joker, je… Je ne peux pas faire ça…
Sa voix semblait si faible, à peine plus haute qu'un murmure. Son héros semblait si résigné que cela le peina.
- Tu peux, Bats… Laisse-moi te montrer comment…
Prenant la joue à moitié masquée de sa Némésis en coupe avec sa main droite, sa main gauche se posa sur le col de sa cape sans mouvement de recul de l'homme masqué. Ne voulant pas prendre le risque de briser ce moment d'une importance cruciale, le Joker se força à rester doux et à ne pas brusquer le justicier, en posant ses lèvres bien plus doucement qu'il ne l'aurait voulu sur celles de Bruce.
Le combat était passé, il n'y avait plus de violence, plus de coups brutaux, seul ce moment intime et doux qui, en temps normal, mettait vite l'homme aux cheveux verts mal à l'aise. Il pouvait bien faire une exception de temps en temps pour son Batsy, et puis, c'était tout de même leur premier baiser, alors il n'allait certainement pas se plaindre.
Batman, lui, se figea en sentant la main de son ennemi se poser sur sa joue. Il n'aurait pas dû baisser sa garde comme ça. Cet homme était armé, il pourrait le blesser ou le tuer en un instant, mais on aurait dit que son corps ne lui obéissait plus. Alors, au lieu de reculer ou de repousser le Joker, il le laissa le toucher, se rapprocher… et l'embrasser.
Le Joker l'embrassait, et il ne le repoussait pas. Il ne savait plus comment réagir, il ne savait plus qui écouter entre son cœur et sa raison. Les lèvres du Joker étaient chaudes et agréables à embrasser, malgré la texture du rouge à lèvres qu'il mettait toujours en excès. La douceur du baiser le surprit le plus, il ne savait pas ce qui était le pire entre un baiser brutal et plus caractéristique du criminel et… ça. Son cœur battait à tout rompre, une chaleur se répandit dans son corps en sentant les lèvres de son ennemi bouger contre les siennes. C'était censé être mal, être contre toute sa morale et toutes ses croyances, mais à cet instant, c'était comme si plus rien n'avait d'importance.
À cet instant, la raison de Bruce perdit le combat, et son cœur gagna.
Le changement se fit immédiatement sentir. D'abord par des mains sur la taille du Joker, puis par les lèvres de sa Némésis bougeant contre les siennes. Le cœur du clown fit un bond dans sa poitrine en sentant enfin son Batman répondre au baiser et l'enlacer. Il avait l'impression de rêver tant il n'y croyait plus, il avait enfin réussi à lui ouvrir les yeux. Son Batman l'embrassait. C'était définitivement le plus beau jour de sa vie. Et il comptait bien en profiter à fond.
Pas vraiment décidé à rompre le baiser de sitôt, celui-ci s'accéléra et gagna progressivement en passion, devenant plus langoureux et chaud. Leurs langues se rencontrèrent et se lancèrent dans une bataille sans merci pour le contrôle du baiser, se retrouvant à égalité. Leurs dents s'entrechoquaient parfois, mais ils étaient bien loin de s'en soucier. Les lèvres du Joker avaient le goût du rouge à lèvres et du sang, et Bruce pouvait sentir la menthe dans le baiser. Du côté du Joker, il sentait plutôt le goût du café que Bruce buvait avant de partir en patrouille. Il sentait aussi les lèvres chaudes et un peu gercées par le froid de la nuit de sa Némésis. C'était mille fois mieux que ce que chacun d'eux avait pu imaginer.
Les deux hommes s'étaient également rapprochés. Dorénavant collés l'un à l'autre, plus rien ne les séparait. Les deux mains du Joker tenaient maintenant fermement le col de la cape du justicier, et il sentait les mains de celui-ci resserrer leur prise sur sa taille. Malheureusement pour eux, le manque d'air commençait à se faire sentir des deux côtés, et c'est à contrecœur que le baiser fut alors rompu. Un léger filet de salive reliait encore leurs langues alors qu'ils reprenaient leur souffle, front contre front (ou plutôt masque contre masque ?). Ils avaient tous deux fermé les yeux au cours du baiser, et les rouvrirent ensemble, se regardant à travers les lentilles du masque de Batman.
- Dis-moi que tu ne le veux pas, Bats… Dis-moi que tu ne m'aimes pas, et je te laisserai tranquille. Plus de mise en scène, juste un simple criminel normal face au grand chevalier noir…
Un léger silence suivit ses mots. Bruce scrutait les yeux de son ennemi juré, encore embrumés, mais si sincères et pleins d'espoir que cela lui fit mal au cœur. Il ramena l'une de ses mains gantées pour caresser la joue pâle du criminel aux yeux verts.
- Je ne peux pas… Même si ça paraît complètement fou, inconscient ou même suicidaire, je te veux, J… Je te veux toi, tout entier… Ma Némésis…
Le Joker ne savait pas vraiment à quoi s'attendre quand il posa cet ultimatum, mais il ne s'attendait définitivement pas à une telle déclaration venant de son Batsy. Et « J » ? C'était bien la première fois que son Batman utilisait un surnom pour lui. Il pourrait s'y habituer… Mais la situation devenait un peu trop mielleuse à son goût. Ce moment était nécessaire, mais cela commençait à faire un peu trop pour le plus jeune. Reprenant l'un de ses sourires plus joyeux que méchant, le prince du crime n'attendit pas plus longtemps pour embrasser à nouveau son chevalier noir avec fougue. Celui-ci ne fut pas vraiment surpris par la réponse du criminel et s'adonna avec plaisir au baiser.
Ce deuxième baiser fut plus sauvage que le premier. Fini la douceur pour aujourd'hui, le Joker avait eu sa dose. Il rêvait d'embrasser son Batman comme ça depuis des années. Maintenant qu'il le pouvait, il n'allait pas s'en priver. Son excitation n'avait pas vraiment tenu face à leur situation précédente, mais il espérait bien la faire vite revenir. Tirant sur le col de la cape qu'il tenait toujours fermement, il recula contre le mur où ils se tenaient auparavant, se retrouvant de nouveau entre le mur et son Batman.
Celui-ci s'adapta rapidement, ses mains descendant de son nouvel amant jusqu'à l'arrière de ses cuisses, d'où il put le soulever contre le mur. La chaleur qu'il avait ressentie lors de leur premier baiser revint, mais cette fois, elle semblait plus forte. Englobant tout son corps avant de descendre petit à petit vers le sud. Et cette fois, il n'en fut ni effrayé ni dégoûté. Il savait très bien vers où se dirigeait ce baiser, et même si un entrepôt vide n'était pas forcément le meilleur endroit pour ce genre d'activité, ils pourraient se débrouiller. Placé entre les cuisses du Joker, il avait la place parfaite pour reprendre là où ils s'étaient arrêtés précédemment, et plus encore.
Les jambes du Joker s'enroulèrent autour de la taille du chevalier noir quand celui-ci le souleva contre le mur. Plaqué ainsi, il sentait son excitation précédente revenir rapidement. Il manquait cette adrénaline due au combat et la douleur pour nourrir son masochisme, mais il n'allait pas laisser tout ça l'empêcher de s'amuser avec son amant. Il avait son Batman entre ses cuisses qui l'embrassait passionnément en le plaquant contre un mur, et cela lui suffisait amplement pour s'exciter. Il sentait déjà l'armure du justicier contre son entrejambe, alors même que son érection commençait à peine à revenir. Remuant ses hanches contre Bruce, de légers gémissements étouffés pouvaient être entendus dans le baiser jusqu'alors ininterrompu. Oh, ils devaient bien l'interrompre pour respirer, mais ce n'était que l'histoire de quelques secondes avant de se jeter à nouveau sur les lèvres l'un de l'autre. Les deux hommes ressemblaient à deux accros en manque à ce stade, mais ils n'en avaient que faire. Ils avaient besoin l'un de l'autre, et après tant d'années à se tourner autour, il était temps qu'ils profitent l'un de l'autre dans ce contexte purement sexuel.
Les gémissements du Joker, même étouffés, ne faisaient qu'accentuer l'excitation de Bruce. Suivant les mouvements de hanches, ses propres gémissements suivirent alors ceux de son amant malgré son armure qui empêchait le contact direct de leurs entrejambes. La pression en elle-même était assez agréable contre son début d'érection pour lui provoquer ces sons, qui sonnaient si bien aux oreilles du criminel multirécidiviste. Cette fois, lorsqu'ils eurent besoin de rompre leur baiser langoureux, plutôt que d'y replonger directement, le justicier se concentra sur une autre partie du corps du Joker : son cou. Des bleus avaient commencé à y apparaître, et il savait déjà qu'ils prendraient la forme de sa main. Il aurait dû se sentir mal, mais il savait aussi que le Joker adorerait voir ce bleu sur lui plus tard. Il adorait quand Batman lui laissait des marques comme celles-ci, et c'est pourquoi il comptait en laisser bien d'autres à l'avenir. Il s'attaqua alors au cou pâle du criminel, léchant, suçant, mordant. Il n'allait certainement pas se montrer doux, d'abord parce qu'il n'en avait pas envie, mais aussi et surtout parce qu'il était presque sûr de se faire poignarder s'il essayait. Entre le Joker et la douceur, ce n'était pas vraiment l'amour fou. Surtout en termes de sexe.
Hum. Il semblait apprécier les morsures le plus, s'il en croyait les gémissements que poussait son amant aux cheveux verts. Esquissant un sourire en coin contre sa peau pâle, le justicier reprit ses morsures sur ce cou si attirant, recevant en récompense plus de soupirs et de gémissements de plaisir.
Le Joker le laissa faire avec grand plaisir, rejetant sa tête en arrière contre le mur en soupirant et en gémissant de plaisir sous l'assaut des dents de son amant justicier. Des soupirs de « Batsy » pouvaient être entendus dans tout l'entrepôt. Leurs hanches n'avaient jamais cessé leurs mouvements, qui devenaient plus rapides et plus anarchiques avec le plaisir qui ne cessait de grimper. Proportionnellement, leurs vêtements devenaient de plus en plus inconfortables à mesure que leurs érections s'accentuaient, en particulier pour Bruce, qui se sentait terriblement compressé par son armure. Celui-ci arrêta alors ses mouvements et lâcha l'une des cuisses du Joker, qui laissa échapper un soupir de frustration à la perte de contact, ce qui provoqua un autre petit sourire du justicier sur le thème des chauves-souris.
N'utilisant alors qu'une seule main, le héros détacha sa ceinture utilitaire qu'il laissa tomber au sol. La poussant plus loin d'un coup de pied, il s'attela ensuite à détacher l'entrejambe de son armure. Il y avait un petit mécanisme caché à actionner pour détacher chaque partie de l'armure, chose que seuls lui et quelques personnes de confiance connaissaient. Détachant facilement la plaque de son entrejambe, il laissa échapper un soupir de soulagement en sentant la pression douloureuse diminuer. Il portait encore un legging et ses sous-vêtements, mais cela restait une amélioration.
Et le Joker pendant ce temps ? Eh bien, il n'était pas resté là à attendre. Sans quitter son Batman des yeux, il avait retiré ses gants, sa veste, son veston et son nœud papillon, et s'attelait maintenant à déboutonner sa chemise. Il avait regardé avec attention son amant enlever la pièce de son armure dans l'espoir de pouvoir la lui retirer plus tard, et il pensait avoir compris le mécanisme. Ce serait quelque chose à tester plus tard, pour l'instant, ils avaient d'autres chats à fouetter.
- Allez, libère donc mini-Batsy qu'on puisse s'amuser. ~
Bruce laissa échapper un ricanement en entendant le Joker, mais ne se fit pas prier, baissant son legging et son boxer pour libérer son érection. Esquissant un grand sourire satisfait, le Joker descendit sa main pour attraper le sexe tendu de son amant.
- Eh bien, il n'est pas si mini que ça finalement. ~
Riant à ses propres paroles, le clown commença à caresser le membre plutôt grand du justicier, pendant que celui-ci laissait échapper des soupirs de plaisir en sentant les caresses de son amant. Loin de rester passif, il entreprit de s'occuper du pantalon du clown, qui le laissa faire avec plaisir. Baissant le pantalon violet, il s'attendait à des sous-vêtements aussi colorés et extravagants que le reste de la tenue du Joker, voire même à des sous-vêtements féminins. Il fut cependant surpris de trouver un boxer noir à l'air assez simple sous ce pantalon. L'homme aux cheveux verts fut obligé de se remettre debout sur ses deux jambes pour pouvoir enlever son pantalon, et c'est en le baissant un peu plus que Bruce vit enfin ce sous-vêtement noir en entier, avec un logo familier en son centre.
- C'est un boxer Batman ?
Un rire échappa à l'homme aux cheveux noirs en posant la question, ce qui ne fit que faire sourire son amant face à lui, qui était loin d'être gêné par son choix de sous-vêtement.
- Que veux-tu, j'aime avoir une part de toi près de moi. ~
Le jeune criminel éclata de rire et enleva son boxer, qui rejoignit son pantalon sur le sol. Presque nu à l'exception de sa chemise toujours à moitié sur lui, le Joker s'empressa d'enrouler à nouveau ses jambes autour de la taille du justicier avec l'aide de Bruce, qui le souleva à nouveau contre le mur. Un gémissement de plaisir échappa aux deux amants lorsque leurs érections entrèrent enfin en contact. C'était bon, mais pas tout à fait ce qu'ils recherchaient. Le justicier sur le thème des chauves-souris s'empressa de retirer le gant de sa main droite, qui, aussitôt retiré, fut attrapée par la main du Joker, amenant sa main vers sa bouche.
- J'ai du lubrifiant dans ma ceinture, laisse-moi juste le récupérer.
Le criminel haussa un sourcil à l'annonce, mais s'abstint pour l'instant de poser des questions. Il avait bien plus important à faire pour le moment.
- On n'en aura pas besoin, j'aime quand ça fait un peu mal. ~
Avec un clin d'œil à son Batsy, il prit aussitôt trois de ses doigts dans sa bouche pour les humidifier le plus sensuellement possible, le tout sans quitter son amant des yeux.
Celui-ci sentit son érection palpiter à cette vue plus qu'érotique. Il ne pensait pas avoir déjà été aussi excité avec l'une de ses conquêtes. Le Joker semblait avoir un vrai don pour lui faire perdre tout contrôle de lui-même, et pour une fois, ça lui convenait totalement. Une fois assez humides aux goûts du clown, celui-ci sortit les doigts de Bruce de sa bouche avec un autre clin d'œil et un sourire charmeur qui firent légèrement déglutir le justicier. Sans perdre plus de temps, il descendit sa main vers l'intimité du fou, effleurant la peau pâle de son corps au passage, et appuya ses doigts. Un frisson parcourut le corps du Joker, qui écarta les jambes autant que possible dans sa position.
- Vas-y Batsy. ~
Sans plus d'encouragement, Batman laissa un premier doigt glisser dans l'intimité de son ennemi juré, légèrement surpris de sentir ses chairs moins serrées qu'il ne le pensait. Soit il couchait avec un autre homme, ce dont il doutait vu les dires du Joker, soit… Croisant le regard du clown, celui-ci ne fit que lui sourire d'un air un peu moqueur. Eh bien, s'il était déjà assez étiré pour un doigt, il n'allait pas perdre plus de temps. Un deuxième doigt rejoignit alors le premier, qui fut très vite lui aussi suivi par un troisième. À ce stade, le Joker sentait maintenant l'étirement supplémentaire qui lui donnait une sensation de brûlure et de plénitude qu'il adorait. C'était aussi pour cela qu'il avait refusé le lubrifiant. Il voulait sentir la douleur de l'étirement, c'était le genre de douleur qu'il appréciait plutôt que de fuir. Les doigts de Bruce le remplissaient déjà si bien que cela ne lui donnait qu'encore plus hâte de prendre sa queue à la place.
Lesdits doigts n'étaient d'ailleurs pas inactifs, bien au contraire. Après avoir passé quelque temps à étirer les chairs du fou avec des mouvements de ciseaux, ils le pénétraient maintenant de plus en plus rapidement, et l'homme à la peau pâle ne retenait absolument pas ses gémissements de plaisir causés par l'assaut de ses doigts en lui. Ses gémissements rendaient Batman de plus en plus impatient, mais il voulait d'abord trouver ce petit élément qui rendrait le Joker fou de plaisir. Et c'est au moment où celui-ci commençait à s'impatienter qu'il le trouva justement, effleurant cette petite bosse si particulière du bout des doigts, faisant se cambrer et presque crier son ancien ennemi de plaisir.
Un sourire en coin s'étira sur la partie découverte du visage de Bruce Wayne tandis qu'il constatait l'état de sa Némésis : le visage rougi et les yeux verts embrumés par le plaisir, l'air partagé entre le plaisir qu'il ressentait déjà et l'envie d'en avoir plus. Sa gorge était couverte de marques de morsures et de bleus. Sa chemise, seul vestige de sa tenue, était ouverte et laissait voir son torse pâle couvert de tatouages et de cicatrices, ainsi que les tétons roses et durcis de l'homme, qui donnaient envie à l'homme chauve-souris d'y passer sa langue et ses dents. Plus bas, l'érection du criminel s'élevait contre son bas-ventre, dégoulinant de liquide pré-séminal. À sa base, Bruce remarqua les poils pubiens qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, étaient aussi verts que les cheveux de son amant. Aussi surpris fût-il, ce n'était clairement pas le moment de poser des questions. Il avait bien plus important à faire, comme enfin passer aux choses sérieuses avec son nouvel amant.
Retirant ses doigts, il plaça enfin son érection contre l'intimité du Joker, prêt à remplacer ses doigts. Le célèbre prince du crime laissa échapper un gémissement teinté de frustration lorsque les doigts de son amant quittèrent son intimité, bien vite remplacé par un frisson au contact de son érection assez imposante contre lui. Oh, même avec la préparation, il allait le sentir passer. Et il n'attendait que ça. Son regard croisa les lentilles blanches du masque de Batman, une confirmation silencieuse passant entre eux. C'est alors qu'il sentit enfin son Batman se glisser en lui.
Comme il l'avait prédit, il sentit l'étirement, la brûlure, ses chairs brutalement écartées pour laisser passer son amant assez imposant en lui, et enfin la plénitude de le sentir s'installer entièrement, profondément, en lui. Et ça, c'était la meilleure sensation de tous les temps.
Bruce, lui, sentait les chairs chaudes et serrées de son amant sur son sexe. Il lui fallut tout son self-control pour ne pas s'enfoncer plus brutalement en lui. Même si le Joker ne s'en serait jamais plaint, son but n'était pas de faire souffrir son compagnon, en tout cas pas comme ça.
Un râle de plaisir leur échappa à tous les deux suite à cette première pénétration. D'autres suivirent ensuite lorsque Bruce commença enfin à bouger. Le Joker n'était pas non plus inactif, ses hanches accompagnant celles de Bruce dans leurs mouvements. Les râles et les soupirs de plaisir se muèrent en gémissements, puis en cris lorsque le justicier trouva à nouveau la prostate de sa Némésis. Le silence de la nuit était rempli par les sons de leurs ébats, de leurs peaux claquant l'une contre l'autre, de leurs gémissements et de leurs cris, qui n'étaient soit que des supplications, soit les noms ou surnoms de l'un et l'autre.
En temps normal, les deux amants auraient peut-être pris plus de temps pour rallonger le moment. Il y aurait eu plus de préliminaires, plus de positions, plus de discussions et de jeux. Mais ce jour-là, aucun d'eux ne souhaitait ralentir. Aucun d'eux ne souhaitait parler, ni même s'arrêter un seul instant. Après des années à rêver de ce moment, les deux amants ne pouvaient plus contrôler leurs envies.
Relevant plus haut l'une des cuisses du Joker, Bruce s'enfonça plus profondément en lui. Il frappait maintenant sans relâche la prostate du clown et sentait les spasmes du corps de son amant qui indiquaient qu'ils ne tiendraient plus très longtemps. Serrant fort la cuisse et la taille du Joker au point de lui laisser des marques de griffures, le justicier accentua la force de ses coups de reins une dernière fois, sentant lui aussi qu'il ne tiendrait plus très longtemps à ce rythme-là.
Sentant Batman augmenter la force et la profondeur de ses coups, le Joker sut qu'ils étaient proches tous les deux. À ce stade, ce n'était plus la peine qu'il essaie même de parler. Le plaisir était si fort que la seule chose cohérente qu'il parvenait à prononcer était le surnom de son amant. Sa prise sur les épaules et la cape du justicier était si forte qu'il pensait pouvoir y laisser des marques, voire même déchirer sa cape. Il sentait le plaisir monter en flèche, son orgasme était imminent. Il suffisait de quelques coups supplémentaires, juste quelques-uns…
L'orgasme du Joker le frappa alors tel un raz-de-marée. Il le sentit s'abattre sur tout son corps avec force. Il se sentit éjaculer contre son torse et contre l'armure de sa Némésis, son cri de plaisir résonnant dans tout l'entrepôt et probablement au-delà grâce à la fenêtre brisée. Ses chairs se resserrèrent brutalement sur le sexe de Bruce, provoquant son propre orgasme quasiment simultané avec celui du Joker. Son cri fut étouffé contre le cou de son amant aux cheveux verts tandis qu'il remplissait l'homme de sa semence.
Les seuls sons qui suivirent furent ceux de leurs respirations alors qu'ils reprenaient tous deux leur souffle.
Après quelques minutes, Bruce se retira, provoquant un soupir du Joker, et remit doucement celui-ci sur ses deux jambes. Celles-ci étaient encore un peu tremblantes, mais semblaient assez stables pour que leur propriétaire puisse à nouveau se tenir debout. Le clown pouvait d'ailleurs sentir un certain tiraillement dans le bas de son dos et surtout sentir la semence de son Batman s'écouler de son intimité sur ses cuisses. Oh, il n'allait certainement pas s'en plaindre ; il était parfaitement en accord avec le résultat de leurs ébats ! Son Batsy, tel le gentleman qu'il était, lui donna même de quoi se nettoyer. Il avait vraiment trouvé l'homme parfait.
Les deux hommes finirent de se nettoyer et étaient en train de se rhabiller. Enfin, principalement le fameux prince du crime, étant celui qui devait remettre le plus de vêtements des deux. Batman, quant à lui, réfléchissait à la suite des événements. Qu'allaient-ils faire maintenant ? Quelle était la marche à suivre ?
- Tu réfléchis trop, Batsy, je peux t'entendre d'ici.
La voix du Joker le sortit de ses pensées. Le célèbre criminel était maintenant entièrement rhabillé. Sans les marques sur son cou et son air encore échevelé, on aurait pu facilement croire qu'il sortait d'un simple combat.
- Désolé, c'est juste que… je ne sais plus trop quelle est la marche à suivre maintenant.
Affichant l'un de ses sourires habituels, le Joker se rapprocha jusqu'à enlacer le cou du justicier.
- Tu t'en fais trop, Bats. Faisons comme bon nous semble ! On n'a pas à se mettre des étiquettes, on n'a qu'à voir comment ça se passe par la suite, mmh ?
Les explications du clown n'éclairèrent pas vraiment la situation aux yeux de Bruce, mais c'était peut-être sa manière de dire que lui aussi était tout aussi perdu. En soupirant, il enlaça à nouveau la taille de son ancien ennemi devenu amant.
- D'accord, faisons comme ça.
Toujours avec le sourire, le Joker l'embrassa avant d'enlever à contrecœur les bras de Bruce de sa taille.
- Je vais rentrer tant qu'il fait encore noir, on se revoit vite, hein ?
- Évidemment, répondit Batman avec un petit sourire, laissant le Joker s'éloigner vers l'entrée de l'entrepôt.
- Alors à plus tard, Bruce ! Je t'appellerai. ~
Et le Joker disparut dans la nuit, laissant le célèbre chevalier noir complètement figé au beau milieu de l'entrepôt.
Il l'avait appelé Bruce.
Il ne lui avait jamais dit son nom.
Depuis quand le savait-il ?
Des jours ? Des mois ? Des années ?
Et pourquoi n'avait-il rien dit ? Rien révélé ? Prévoyait-il de le faire ?
C'étaient le genre de questions qui le tourmentèrent sur tout le chemin du retour vers le manoir. Il aurait dû paniquer davantage, sachant que quelqu'un d'aussi dangereux que le Joker connaissait son identité.
Alors pourquoi était-il si calme ?
Une fois rentré avec la Batmobile, il enleva tout son équipement de Batman et partit prendre une douche avant de monter se coucher dans sa chambre, la tête toujours pleine de pensées.
Le Joker connaissait son identité et n'avait jamais rien dit. Ni à lui, ni à personne d'autre apparemment. Et maintenant, ils étaient amants. Peut-être même plus que cela. Et au lieu d'être paniqué, il était… presque soulagé.
En se couchant dans son lit, Bruce Wayne se laissa enfin se détendre. Peut-être était-ce une bonne chose qu'il le sache. Plus de double vie, plus de secret, seulement eux deux.
En sentant le sommeil arriver, Bruce était presque endormi lorsqu'il entendit la baie vitrée de sa chambre s'ouvrir. Il pensait l'avoir fermée, elle était censée l'être. Le système de sécurité du manoir ne s'était pas non plus déclenché, ce qui était inquiétant. La baie vitrée se trouvait derrière lui et il entendit l'intrus s'approcher du lit avant de s'arrêter un instant. Son arme la plus proche était dans sa table de chevet, peut-être s'il prenait l'intrus par surprise…
Puis il sentit ledit intrus se glisser dans son lit près de lui. Bruce était prêt à se jeter sur lui lorsqu'il sentit des bras l'enlacer par derrière et un corps s'installer contre le sien. C'est là qu'il reconnut son parfum.
Cologne chère et poudre à canon.
- Dors Brucie, la nuit a été assez longue et j'aimerais aussi dormir…
Dans l'obscurité de sa chambre, Bruce sourit.
Peut-être que tout cela était vraiment une bonne chose finalement.
